Loïc Charpentier
31/12/2007, 20h19
Allez, je recommence mon pensum sur cette putain de Zimmerit de merde. Quand je vous disais que Herr Docktor Zimmer n'avait élaboré cette saloperie rien que pour m'emmerder 63 ans après, j'étais proche de la vérité! En plus, je finis par m'emmèler moi-même les crayons avec les dates!
Principe de base : Cet enduit ne servait strictement à rien! Eh oui, vu que, seuls, les Allemands avait dévellopé la mine anti-char magnétique. Comme ils avaient déjà inventé, au préalable, la mine magnétique marine, du croiseur au char, il n'y avait qu'un pas qu'ils franchirent allègrement.
Et voici la cochonnerie à l'origine de tous vos problèmes de maquettes de chars entre l'été 1943 et l'été 1944! La migne magnétique antichar à charge creuse de 3 kg (Haft-Hohlladung 3Kg)...
Mine magnétique antichar allemande.
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/Minemagntiqueanticharallemande.jpg
Comme vous constaterez, il ne suffisait pas de la coller sur le flanc du copain, il fallait encore l'armer en tirant sur le cordon, avec une sympathique chenille à trente centimètres des bijoux de famille, et tenter de se planquer dans les cinq ou six secondes qui suivaient! ...Ah, c'est sûr, ce n'était pas un truc pour touriste!...Mais, à mon avis, place assurée sur la liste des candidats à la Croix de Fer, surtout à titre posthume! Selon le commentaire, les p'tits gars du génie (Pionier) avec leurs Sd.Kfz.251/5 ou 251/7 se servaient également de ces mines comme charges de démolition...Pas folle, la guèpe!
Bref un engin réservé aux candidats au suicide, alors qu'il existait, dans l'arsenal personnel du grenadier allemand, une mine à parachute d'un peu moins de 1,5 kg – Panzerwurfmine L – qui pouvait fumer à peu près tous les chars ennemis, pour peu que le lanceur fut capable de la balancer à vingt ou trente mètres de distance, ce qui était quand même mieux que de tripoter le cul d'un char ennemi avec une mine magnétique et de gros doigts boudinés. Sans parler des Panzerfaust et autres Panzerschreck, en gestation dans les bureaux d'études, qui disposeront d'une portée pratique d'une centaine de mètres ou plus suivant le modèle.
En Janvier 1943, l'OKH (OberKommando der Heer), quelque peu parano, s'inquiètait du dévellopement par l'ennemi, vilain copieur, de mines et projectiles magnétiques. Du coup, il demanda à ses chercheurs de se magner le fion pour trouver une parade et pondre un enduit capable de réduire les surfaces de contacts éventuels pour les mines magnétiques en créant une surface non lisse. En réalité, si les Anglo-américains et les Russes se penchèrent également sur le sujet, ils se contentèrent de quelques essais-test puis passèrent à autre chose. Bref, les Teutons voulaient se protèger contre aucune arme existante chez l'adversaire!...Cà partait sur des bases saines,tout çà , n'est-ce pas?
Sur les instances de l'OKH, plusieurs essais furent réalisés:
1. Un enduit à base de laitance de ciment mélangé avec du sable fin. Résultat: sans suite.
2. Un enduit bitumineux mélangé avec du gravier. Mais il fondait au soleil et risquait de foutre le feu au char ! Résultat: sans suite.
3. Une superpositions de couches de peinture. Résultat: sans suite.
En désespoir de cause, l'OKH balança, en février1943, un Cahier des Charges à l'industrie chimique nationale:
Elaborer un enduit non magnétique, de type "mastic bitumineux", faiblement inflammable, léger, adhérant sur toute surface métallique et, de surcroit, apte à diminuer fortement l'émission de reflets par de grandes surfaces peintes, réparable facilement en zone d'opération, notamment dans les platitudes de la Russie.
Le printemps, les hirondelles et Herr Doktor Zimmer, dirigeant de la Chemische Werke Zimmer und Kompanie GmbH (CWZ), vénérable entreprise berlinoise, vinrent au secours de l'OKH en lui proposant, devinez quoi...allez...vous suivez?...
Il leur proposa ...LA ZIMMERIT...YOUPEE ! SIEG HEIL !
L'OKH serra affectueusement Herr Zimmer dans ses bras, lui signa un contrat juteux (Ach, die schönen Reichmark, Danke, Danke...Heil...) et, prudente, choisit un second site de production, au cas où..., la Birkigten Fabrik en Tchécoslovaquie.
Ils se marièrent et se souhaitèrent mutuellement beaucoup de petites Zimmerits.
La Zimmerit, c'est quoi?...en tout cas, c'est pas de la tarte, c'est sûr!
40% ou 34%, suivant les sources, de sulfate de barium (BaSo4)
40% ou 34%, suivant les sources, de sulfate de barium (BaSo4)
10% ou 4%, suivant les sources, de sulfure de zinc (ZnS), un minéral naturel (pigment blanc).
17% ou 15%, suivant les sources, de pigment ocre.
10% ou 9%, suivant les sources, de poudres ou de fibres de bois
36% ou 25%, suivant les sources, d'acétate de vynil, utilisée comme émulsion, en fait de la colle blanche de charpentier (non, pas moi...l'autre!)
L'acétate de vynil, proprement dit, était composée de 85% (ou 50%, selon d'autres souces) de Mowilith20 et 15% (ou 50% pour d'autres sources) de solvant (benzène et/ou acétone) et de résine.
Nota: Le ou la Mowilith20 se décomposait à 50°C (essais effectués par l'armée anglaise).
IMPORTANT: J'ai eu 2/20 au Bac en Chimie...alors, remballez vos questions!
La zimmerit est sensée être appliquée sur une tôle propre et séche, éventuellement déjà recouverte de son apprêt anti-rouille. Ce sont des conditions d'usine, manifestement. La procédure comporte 4 stades.
Stade 1 : Appliquez une première couche d'environ 5mm d'épaisseur. Nota: Il y a une histoire de carrés de 5 sur 5 cm, réalisés à la spatule (!) pour améliorer la fixation de la seconde couche...j'ai pas tout compris.
Stade 2 : Laissez reposer la pâte pendant vingt-quatre heures.
Stade 3 : Passez la deuxième couche de 4 mm d'épaisseur à l'aide d'une spatule, en réalisant des motifs suivant le tableau figurant plus bas.
Stade 4 : Sécher l'enduit à la lampe à souder! Respectez une distance de chauffe de l'ordre de 2cm, sous peine de foutre le feu à votre superbe enduit (à part çà, il résiste bien aux hautes températures!). Cette séquence de séchage est indispensable sinon vous êtes bon pour HUIT JOURS d'attente dans des conditions de séchage naturel!
En juillet 1943, la CWZ commenca à produire, enfin, la Zimmerit sur une échelle industrielle et à la livrer aux usines de montage du grand Reich. L'OKH et OK der Waffen SS vont, sur les conseils avisés de leurs délégués, ordonner l'application systèmatique de la zimmerit sur les panzers.
Cette décision a dû créer un bel embouteillage dans les usines car, à mon avis, c'était trois jours de plus de délai de production par engin zimmérité, sans compter la main d'oeuvre supplémentaire: 1/2 journée pour la première couche, 1 jour de séchage, 1/2 journée pour la deuxième couche à la spatule, et une autre 1/2 journée pour le séchage à la lampe à souder ! Mais qu'à celà ne tienne, continuons à appliquer la Zimmerit. (Nota : En réalité, j'ai fait preuve de trop d'optimisme, car l'application de la Zimmerite nécessitait six jours de travail en usine!).
N'oubliez pas qu'on est peu de temps après Koursk (1ère quinzaine de Juillet 1943), que l'armée allemande, qui vient de se faire botter les fesses, manque cruellement de blindés, tandis que les Russes, qui en ont profité pour contre-attaquer, en produisent à tour de bras et en recoivent aussi une quantité non négligeable par bateaux, de la part des Alliés.
Arrive l'hiver...expliquez-moi, maintenant, pour les temps de séchage, en usine, je multiplie par combien? je ne parle même pas des échelons régimentaires ou mëme divisionnaires sur le front de L'Est...ça doit frôler le mois d'attente par -15°C!
A propos d'hiver, le 29 12 1943, entre la dinde et le foie gras, l'OKH pond une directive sur les types de véhicules « zimmeritables ». En gros, doivent être enduits tous les chars de combats, les canons automoteurs et chasseurs de chars à habitacle clos ainsi que les Panzerbefehlwagen et les Bergepanzer. Autrement dit, tout véhicule blindé sensé être en contact rapproché avec l'adversaire. En principe, les véhicules de combat à habitacle ouvert ne sont pas sensés être zimmerités...mais avec les Teutons...hein, vous m'avez compris...il y en a aussi!
Les différents schémas rencontrés avec la Zimmerite.
Le choix du schéma semble plus dépendre de l'usine de montage que d'une quelconque directive.
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/zimmerit.png
Schéma N°1: Panzer III – Stug III Ausf.G – Panzer IV Ausf.H & J – Panzerbefehlwagen IV –
Stug IV – PzJg IV L48 – Pz.IV L70 (A)(V) – Sturmpanzer – Wirbelwind – Ostwind – Panther – Jagdpanther – Bergepanther – Tigre I – Elefant – Tigre II – JT (Porsche)
Schéma N°2 : Stug III Ausf.G – Panzer IV Ausf.H – Panther Ausf.G – PzJg IV L48
Schéma N°3 : Panther Ausf.G
Schéma N°4 : Stug III – Panther Ausf.A & G – Jagdpanther
Schéma N°5 : Stug III – Panther Ausf.A & G – Jagdpanther
Schéma N°6 : Stug – StuH 42 – Panther – Tigre I
Schéma N°7 : Panzer IV H ou J
Schéma N°8 : Panther Ausf.A & J
Schéma N°9 : Stug – Panther Ausf.G
Schéma N°10 : Stug
Schéma N°11 : Panther Ausf.A & G – Sd.Kfz.251/8 Ausf.D (1 exemplaire connu )
Ci-dessous deux exemples de Panzer IV zimmerités. La première photo représente une application très particulière, façon crépi, qui ne corrrespond à aucun des schémas répertoriés.
Panzer IV Ausf.H avec revêtement antimine - Application de style crépi
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/PanzerIVAusfHavecrevtementantimine.jpg
Par comparaison, un Pz IV Ausf.J zimmerité - usine Nibelungenwerke à Saint Valentin (1944)
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/PanzerIVAusfJzimmrit3.jpg
L'application de la Zimmerit n'a été effectuée systématiquement que durant la pèriode allant de Aout 1943 à Septembre/Octobre 1944; j'étale, comme pour la Zim, la fin de la période sur deux mois en raison du zèle, des inerties et lenteurs administratives et/ou industrielles.
Puis arrive le printemps et l'été 1944 avec les offensives russes et le débarquement de Normandie. Bon, oublions les procédures fastidieuses et longues de l'application et du sêchage mais intéressons-nous aux remontées d'infos des unités combattantes, jusque là, semble-t-il, étouffées par la hiérarchie ...intérêts financiers en jeu ?
1) Comme nous l'avons déjà vu, de tous les belligérants, seuls, les grenadiers allemands disposent de mines antichars magnétiques dans l'équipement réglementaire.
2) Les armes antichars, rencontrées sur les champs de batailles, sont principalement des chars, évidemment, des pièces d'artillerie, des armes individuelles type Bazooka ou Piat, des champs de mines ...et les redoutables chasseurs-bombardiers contre lesquels, la Zimmerdite n'est d'aucun effet!
3) Et, là, je me marre, cette pu... de Zimmerit aurait la facheuse tendance, pour différentes raisons, à s'enflammer et à foutre le feu au char ! Il semblerait, d'après une enquète menée après-guerre, que ce risque d'incendie n 'était qu'une simple légende. Si çà se trouve, c'était le neveu du Docktor Zimmer qui dirigeait l'enquète!
4) La situation tactique a totalement changée et les Allemands sont maintenant, en permanence, sur la défensive.
Vous rajoutez le temps et le pognon gaspillés dans cette opération de zimmeritage systèmatique et nous avons fait le tour du problème.
En fait, le seul avantage constaté de la pâte du bon Docteur Zimmer était qu'elle faisait office de régulateur thermique sur la température intérieure de l'habitacle!
Du coup, OKH et l'OK Waffen SS, pondent une note commune le 9 Septembre 1944, annulant l'application de la Zimmerit mais conseillent, néanmoins (!), de finir les stocks existants ! Faudrait pas gâcher et que Herr Doktor Zimmer reste assis sur son stock de Zimmerit de mer.., les Reichmarcks ne sont pas faits pour les chiens.
Il ne semble pas que le conseil d'épuiser les stocks ait été suivi partout à la lettre car les Américains, à la fin de la guerre, tomberont sur un stock de 10 tonnes de Zimmerit dans une des usines de montage mais j'ai oublié laquelle.
Hormis la fortune hypothètique qu'elle aurait pu offrir au Herr Doktor Zimmer et l'encre qu'elle a fait couler de depuis, la Zimmerdite n'était qu'une "daube" coûteuse et inutile.
Je sauvegarde ce topo dans un coin de mon PC car, comme je vous connais, vous finirez bien par revenir, dans quelques semaines, avec la tronche enfarinée et cette sempiternelle question.... « Euh, pour la Zim, j' fais quoi? »
Principe de base : Cet enduit ne servait strictement à rien! Eh oui, vu que, seuls, les Allemands avait dévellopé la mine anti-char magnétique. Comme ils avaient déjà inventé, au préalable, la mine magnétique marine, du croiseur au char, il n'y avait qu'un pas qu'ils franchirent allègrement.
Et voici la cochonnerie à l'origine de tous vos problèmes de maquettes de chars entre l'été 1943 et l'été 1944! La migne magnétique antichar à charge creuse de 3 kg (Haft-Hohlladung 3Kg)...
Mine magnétique antichar allemande.
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/Minemagntiqueanticharallemande.jpg
Comme vous constaterez, il ne suffisait pas de la coller sur le flanc du copain, il fallait encore l'armer en tirant sur le cordon, avec une sympathique chenille à trente centimètres des bijoux de famille, et tenter de se planquer dans les cinq ou six secondes qui suivaient! ...Ah, c'est sûr, ce n'était pas un truc pour touriste!...Mais, à mon avis, place assurée sur la liste des candidats à la Croix de Fer, surtout à titre posthume! Selon le commentaire, les p'tits gars du génie (Pionier) avec leurs Sd.Kfz.251/5 ou 251/7 se servaient également de ces mines comme charges de démolition...Pas folle, la guèpe!
Bref un engin réservé aux candidats au suicide, alors qu'il existait, dans l'arsenal personnel du grenadier allemand, une mine à parachute d'un peu moins de 1,5 kg – Panzerwurfmine L – qui pouvait fumer à peu près tous les chars ennemis, pour peu que le lanceur fut capable de la balancer à vingt ou trente mètres de distance, ce qui était quand même mieux que de tripoter le cul d'un char ennemi avec une mine magnétique et de gros doigts boudinés. Sans parler des Panzerfaust et autres Panzerschreck, en gestation dans les bureaux d'études, qui disposeront d'une portée pratique d'une centaine de mètres ou plus suivant le modèle.
En Janvier 1943, l'OKH (OberKommando der Heer), quelque peu parano, s'inquiètait du dévellopement par l'ennemi, vilain copieur, de mines et projectiles magnétiques. Du coup, il demanda à ses chercheurs de se magner le fion pour trouver une parade et pondre un enduit capable de réduire les surfaces de contacts éventuels pour les mines magnétiques en créant une surface non lisse. En réalité, si les Anglo-américains et les Russes se penchèrent également sur le sujet, ils se contentèrent de quelques essais-test puis passèrent à autre chose. Bref, les Teutons voulaient se protèger contre aucune arme existante chez l'adversaire!...Cà partait sur des bases saines,tout çà , n'est-ce pas?
Sur les instances de l'OKH, plusieurs essais furent réalisés:
1. Un enduit à base de laitance de ciment mélangé avec du sable fin. Résultat: sans suite.
2. Un enduit bitumineux mélangé avec du gravier. Mais il fondait au soleil et risquait de foutre le feu au char ! Résultat: sans suite.
3. Une superpositions de couches de peinture. Résultat: sans suite.
En désespoir de cause, l'OKH balança, en février1943, un Cahier des Charges à l'industrie chimique nationale:
Elaborer un enduit non magnétique, de type "mastic bitumineux", faiblement inflammable, léger, adhérant sur toute surface métallique et, de surcroit, apte à diminuer fortement l'émission de reflets par de grandes surfaces peintes, réparable facilement en zone d'opération, notamment dans les platitudes de la Russie.
Le printemps, les hirondelles et Herr Doktor Zimmer, dirigeant de la Chemische Werke Zimmer und Kompanie GmbH (CWZ), vénérable entreprise berlinoise, vinrent au secours de l'OKH en lui proposant, devinez quoi...allez...vous suivez?...
Il leur proposa ...LA ZIMMERIT...YOUPEE ! SIEG HEIL !
L'OKH serra affectueusement Herr Zimmer dans ses bras, lui signa un contrat juteux (Ach, die schönen Reichmark, Danke, Danke...Heil...) et, prudente, choisit un second site de production, au cas où..., la Birkigten Fabrik en Tchécoslovaquie.
Ils se marièrent et se souhaitèrent mutuellement beaucoup de petites Zimmerits.
La Zimmerit, c'est quoi?...en tout cas, c'est pas de la tarte, c'est sûr!
40% ou 34%, suivant les sources, de sulfate de barium (BaSo4)
40% ou 34%, suivant les sources, de sulfate de barium (BaSo4)
10% ou 4%, suivant les sources, de sulfure de zinc (ZnS), un minéral naturel (pigment blanc).
17% ou 15%, suivant les sources, de pigment ocre.
10% ou 9%, suivant les sources, de poudres ou de fibres de bois
36% ou 25%, suivant les sources, d'acétate de vynil, utilisée comme émulsion, en fait de la colle blanche de charpentier (non, pas moi...l'autre!)
L'acétate de vynil, proprement dit, était composée de 85% (ou 50%, selon d'autres souces) de Mowilith20 et 15% (ou 50% pour d'autres sources) de solvant (benzène et/ou acétone) et de résine.
Nota: Le ou la Mowilith20 se décomposait à 50°C (essais effectués par l'armée anglaise).
IMPORTANT: J'ai eu 2/20 au Bac en Chimie...alors, remballez vos questions!
La zimmerit est sensée être appliquée sur une tôle propre et séche, éventuellement déjà recouverte de son apprêt anti-rouille. Ce sont des conditions d'usine, manifestement. La procédure comporte 4 stades.
Stade 1 : Appliquez une première couche d'environ 5mm d'épaisseur. Nota: Il y a une histoire de carrés de 5 sur 5 cm, réalisés à la spatule (!) pour améliorer la fixation de la seconde couche...j'ai pas tout compris.
Stade 2 : Laissez reposer la pâte pendant vingt-quatre heures.
Stade 3 : Passez la deuxième couche de 4 mm d'épaisseur à l'aide d'une spatule, en réalisant des motifs suivant le tableau figurant plus bas.
Stade 4 : Sécher l'enduit à la lampe à souder! Respectez une distance de chauffe de l'ordre de 2cm, sous peine de foutre le feu à votre superbe enduit (à part çà, il résiste bien aux hautes températures!). Cette séquence de séchage est indispensable sinon vous êtes bon pour HUIT JOURS d'attente dans des conditions de séchage naturel!
En juillet 1943, la CWZ commenca à produire, enfin, la Zimmerit sur une échelle industrielle et à la livrer aux usines de montage du grand Reich. L'OKH et OK der Waffen SS vont, sur les conseils avisés de leurs délégués, ordonner l'application systèmatique de la zimmerit sur les panzers.
Cette décision a dû créer un bel embouteillage dans les usines car, à mon avis, c'était trois jours de plus de délai de production par engin zimmérité, sans compter la main d'oeuvre supplémentaire: 1/2 journée pour la première couche, 1 jour de séchage, 1/2 journée pour la deuxième couche à la spatule, et une autre 1/2 journée pour le séchage à la lampe à souder ! Mais qu'à celà ne tienne, continuons à appliquer la Zimmerit. (Nota : En réalité, j'ai fait preuve de trop d'optimisme, car l'application de la Zimmerite nécessitait six jours de travail en usine!).
N'oubliez pas qu'on est peu de temps après Koursk (1ère quinzaine de Juillet 1943), que l'armée allemande, qui vient de se faire botter les fesses, manque cruellement de blindés, tandis que les Russes, qui en ont profité pour contre-attaquer, en produisent à tour de bras et en recoivent aussi une quantité non négligeable par bateaux, de la part des Alliés.
Arrive l'hiver...expliquez-moi, maintenant, pour les temps de séchage, en usine, je multiplie par combien? je ne parle même pas des échelons régimentaires ou mëme divisionnaires sur le front de L'Est...ça doit frôler le mois d'attente par -15°C!
A propos d'hiver, le 29 12 1943, entre la dinde et le foie gras, l'OKH pond une directive sur les types de véhicules « zimmeritables ». En gros, doivent être enduits tous les chars de combats, les canons automoteurs et chasseurs de chars à habitacle clos ainsi que les Panzerbefehlwagen et les Bergepanzer. Autrement dit, tout véhicule blindé sensé être en contact rapproché avec l'adversaire. En principe, les véhicules de combat à habitacle ouvert ne sont pas sensés être zimmerités...mais avec les Teutons...hein, vous m'avez compris...il y en a aussi!
Les différents schémas rencontrés avec la Zimmerite.
Le choix du schéma semble plus dépendre de l'usine de montage que d'une quelconque directive.
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/zimmerit.png
Schéma N°1: Panzer III – Stug III Ausf.G – Panzer IV Ausf.H & J – Panzerbefehlwagen IV –
Stug IV – PzJg IV L48 – Pz.IV L70 (A)(V) – Sturmpanzer – Wirbelwind – Ostwind – Panther – Jagdpanther – Bergepanther – Tigre I – Elefant – Tigre II – JT (Porsche)
Schéma N°2 : Stug III Ausf.G – Panzer IV Ausf.H – Panther Ausf.G – PzJg IV L48
Schéma N°3 : Panther Ausf.G
Schéma N°4 : Stug III – Panther Ausf.A & G – Jagdpanther
Schéma N°5 : Stug III – Panther Ausf.A & G – Jagdpanther
Schéma N°6 : Stug – StuH 42 – Panther – Tigre I
Schéma N°7 : Panzer IV H ou J
Schéma N°8 : Panther Ausf.A & J
Schéma N°9 : Stug – Panther Ausf.G
Schéma N°10 : Stug
Schéma N°11 : Panther Ausf.A & G – Sd.Kfz.251/8 Ausf.D (1 exemplaire connu )
Ci-dessous deux exemples de Panzer IV zimmerités. La première photo représente une application très particulière, façon crépi, qui ne corrrespond à aucun des schémas répertoriés.
Panzer IV Ausf.H avec revêtement antimine - Application de style crépi
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/PanzerIVAusfHavecrevtementantimine.jpg
Par comparaison, un Pz IV Ausf.J zimmerité - usine Nibelungenwerke à Saint Valentin (1944)
http://i193.photobucket.com/albums/z279/felix_lechat/PanzerIVAusfJzimmrit3.jpg
L'application de la Zimmerit n'a été effectuée systématiquement que durant la pèriode allant de Aout 1943 à Septembre/Octobre 1944; j'étale, comme pour la Zim, la fin de la période sur deux mois en raison du zèle, des inerties et lenteurs administratives et/ou industrielles.
Puis arrive le printemps et l'été 1944 avec les offensives russes et le débarquement de Normandie. Bon, oublions les procédures fastidieuses et longues de l'application et du sêchage mais intéressons-nous aux remontées d'infos des unités combattantes, jusque là, semble-t-il, étouffées par la hiérarchie ...intérêts financiers en jeu ?
1) Comme nous l'avons déjà vu, de tous les belligérants, seuls, les grenadiers allemands disposent de mines antichars magnétiques dans l'équipement réglementaire.
2) Les armes antichars, rencontrées sur les champs de batailles, sont principalement des chars, évidemment, des pièces d'artillerie, des armes individuelles type Bazooka ou Piat, des champs de mines ...et les redoutables chasseurs-bombardiers contre lesquels, la Zimmerdite n'est d'aucun effet!
3) Et, là, je me marre, cette pu... de Zimmerit aurait la facheuse tendance, pour différentes raisons, à s'enflammer et à foutre le feu au char ! Il semblerait, d'après une enquète menée après-guerre, que ce risque d'incendie n 'était qu'une simple légende. Si çà se trouve, c'était le neveu du Docktor Zimmer qui dirigeait l'enquète!
4) La situation tactique a totalement changée et les Allemands sont maintenant, en permanence, sur la défensive.
Vous rajoutez le temps et le pognon gaspillés dans cette opération de zimmeritage systèmatique et nous avons fait le tour du problème.
En fait, le seul avantage constaté de la pâte du bon Docteur Zimmer était qu'elle faisait office de régulateur thermique sur la température intérieure de l'habitacle!
Du coup, OKH et l'OK Waffen SS, pondent une note commune le 9 Septembre 1944, annulant l'application de la Zimmerit mais conseillent, néanmoins (!), de finir les stocks existants ! Faudrait pas gâcher et que Herr Doktor Zimmer reste assis sur son stock de Zimmerit de mer.., les Reichmarcks ne sont pas faits pour les chiens.
Il ne semble pas que le conseil d'épuiser les stocks ait été suivi partout à la lettre car les Américains, à la fin de la guerre, tomberont sur un stock de 10 tonnes de Zimmerit dans une des usines de montage mais j'ai oublié laquelle.
Hormis la fortune hypothètique qu'elle aurait pu offrir au Herr Doktor Zimmer et l'encre qu'elle a fait couler de depuis, la Zimmerdite n'était qu'une "daube" coûteuse et inutile.
Je sauvegarde ce topo dans un coin de mon PC car, comme je vous connais, vous finirez bien par revenir, dans quelques semaines, avec la tronche enfarinée et cette sempiternelle question.... « Euh, pour la Zim, j' fais quoi? »