• Vorwärts! Les transports de troupes blindés allemands (1939 - 1945)

    PREAMBULE



    Le temps des certitudes



    Le 11 Novembre 1918, la « Der des Der » prenait fin. Parmi les nouvelles armes concoctées durant ce conflit, le tank – célèbre nom de code britannique- modifiait la donne sur le champ de bataille.
    Mais les possibilités nouvelles offertent par ces engins, encore patauds et malhabiles, ne furent pas prises en compte par les Etats-majors vainqueurs.

    Dans le camps français, on se contenta de pérenniser les dispositions qui avaient fait leur preuve durant la guerre. Les vieilles culottes de peau de la cavalerie, regrettant l'odeur du crottin, acceptèrent l'intrusion de ces véhicules pétaradants...mais, juste pour la reconnaissance et la recherche, parce qu'une belle charge de cavalerie sabre au clair, çà vous a quand même un autre panache, scrogneugneu! Comme, pour tout bon « Cyrard », l'infanterie restait la reine des batailles, le char fut prié de se conformer aux besoins de cette dernière, en tant que véhicule d'appui-feu et de rupture. Bref, la stratégie en vigueur resta immuable. D'abord, on pilonne les copains d'en face à grands coups d'obus - la France possèdait, en 39, le plus grand parc d'artillerie lourde de tout les belligérants!- puis l'infanterie, accompagnée de ses chars de soutien, occupe et nettoye le terrain, Après on recommence, par saut de puce successifs. A ce compte-là, il y en avait pour dix ans, au bas mot, pour atteindre les faubourgs de Berlin...mais bon! Il y a bien eu quelques insolents, comme ce colonel inconnu, dénommé Charles de Gaulle, pour dire qu'on était en train de se gourationner velu mais, depuis quand qu'un colon, même aide de camp d'un Maréchal (...nous voilà!), était sensé donner des leçons de stratégie à un aréopage de généraux expérimentés et un chouïa plus trop étanches...foutriquet, va!...Et la ligne Maginot, superbe forteresse que tout le monde nous envie, ce n'est pas fait pour les chiens!..Enfin, jusqu'au désastre de 1940, l'armée française était, de l'avis général, l'armée la plus puissante au monde!...çà vous file des certitudes dangereuses, ce genre d'opinion!...On a vu le résultat!

    Côté britiche, pas mieux! Dans l'entre-deux- guerres, on se contenta de pondre de multiples protos de chars, des croiseurs, des chars d'infanterie, etc. Il y eu bien aussi, un enquiquineur local, Lydell-Hart, pour émettre des théories fumeuses mais on le renvoya, vite fait, à ses chers bouquins.

    Dans une guerre, il y a toujours, au minimum, un perdant. En l'occurence, en 1918, c'était l'Allemagne (vous me permettrez, à ce stade, d'omettre la Turquie, « l'Autruchon gris » et autres nations mineures de mon propos). Particulièrement gâtée par les conditions léonines du traité de Versailles, la Reichwehr...,enfin, ce qu'il en restait (100 000 hommes, pas le droit à un troupier de plus!), était carrément revenue un siècle en arrière, avec bourrins et chariots! D'un autre côté, ce n'est pas la vingtaine d'A7V produits durant la guerre qui risquait de changé le sens de l'histoire. Ce fut peut-être sa chance, cette situation calamiteuse.Ce qui ne veut pas dire que les bonnes vieilles stratégies, si chères aux Etats-majors, avaient été mises au rencart...loin de là, car, à quelques semaines de la Campagne de France, en 1940, il avait encore été décidé d'appliquer le vieux plan Schlieffen qui datait de 1914! Néanmoins, les idées nouvelles finirent par être entendues, bien que tardivement, sous l'impulsion, entre autres, d'un capitaine affecté, en 1922, au Service des Matèriels, plus connu, plus tard, sous le titre de général, Heinz Guderian. relayé par quelques paires d'oreilles attentives bien en place à l'OKH et proches de Dodolf.


    Aparté:...Mais où c'est-y qu'il nous embarque, Pépère, avec son discours?



    Et si on bousculait les traditions?


    Bref, comme on vient de le voir succintement, les Etats-majors se complaisaient dans la facilité des bonnes vieilles habitudes.


    Mais, entre les deux guerres, les blindés évoluèrent techniquement et cette évolution impliquait un changement stratégique. A la louche, avec l'évolution des motorisations, des trains de chenilles et l'accroissement de l'autonomie, on pouvait envisager des actions de pénétrations profondes avec des unités mécanisées mais il fallait prendre en compte un certain nombre de facteurs:


    Un char, écoutilles fermées, à l'acuité visuelle d'une huitre.
    L'appui rapproché de l'infanterie est indispensable au char, sous peine d'être réduit très rapidement en un simple tas de ferraille.
    Un biffin, avec tout son barda, progresse, au mieux, d'une vingtaine de bornes par jour mais il a les ripatons qui fument et n'est plus bon à grand chose. Oui, mais il y a les camions, superbe invention technique...Parlons-en!
    Le camion, une fois sorti de la jolie route goudronnée, à une facheuse tendance à se planter dans la gadoue et le moindre abruti, armé d'un flingue peut stopper sa progression, sans compter les éclats d'obus et autres gâteries. Donc, pas question d'amener les camions au contact, nécessité de les abandonner à l'arrière...et retour à la promenade de santé pédestre.


    Bon, résumons-nous, si nous voulons constituer une unité homogène, il faudrait que les chars et les biffins progressent ensemble (sous la protection de l'aviation, mais ce n'est pas notre propos!). Alors, il y a bien a la méthode française suivant laquelle on adjoint systématiquement une pincée de chars aux unités d'infanterie et ceux-ci sont priés de se plier aux contraintes de la biffe, dans un rôle d'appui et suivant une lente progression. Ou alors, un concept totalement novateur, c'est la biffe qui se met à l'heure du char. Cà peut paraître évident, de nos jours, mais, à l'époque où les compagnies cyclistes faisaient encore florès, cà l'était beaucoup moins...d'où les rétitences en haut lieu.


    En tenant compte des facteurs restrictifs, évoqués ci-dessus, il fallait concevoir un véhicule motorisé capable de transporter une section d'infanterie, unité minimale pour apporter un soutien digne de ce nom, blindé mais néanmoins léger, pourvu de capacités tout-terrain, armé pour pouvoir se défendre et appuyer son contingent de biffins dans sa progression. Je vous rappelle qu'à l'époque rien d'équivalent n'existait. Seuls, les Britanniques, avaient, à la fin du premier conflit, développé un transporteur chenillé pour une cinquantaine de fantassins (54, exactement) et quatre hommes d'équipage, le char Mk IX. Les Américains se pencheront, également, dans les années trente, sur le sujet – voir, à ce propos, l'excellent boulot de mon camarade Patrice - mais, dans un premier temps, dans l'optique d'une gamme de tracteurs d'artillerie, à l'instar de ceux dévellopés par la Reichwehr puis la Wermacht naissante (cf. notre superbe exposé...victime de sordides contraintes informatiques qui nous ont bouffés nos photos!).


    Bon sang mais c'est bien sûr!....


    Au cours des années Trente survinrent deux évènements:
    • L'arrivée de Dodolf, élu et nommé Chancelier du Reich en 1933.
    • La Guerre d'Espagne qui débuta en 1936.
    Avec l'arrivée de l'Autrichien teigneux et vindicatif, le Traité de Versailles fila directement à la poubelle et le mot d'ordre devint « Réarmement ».
    Avec la Guerre d'Espagne apparut les limites des blindés teutons et la nécessité de véhicules d'accompagement blindés d'infanterie. Il s'avèra ainsi que le Pz I était tout juste une trottinette apte à effectuer des opérations de reconnaissance et d'éclairage et que le Pz II, hormis pour l'attaque de positions faiblement défendues, ne valait guère mieux. Les Pz III et IV, encore en pleine gestation, devraient donc, dans le futur, constituer l'épine dorsale blindée de l'attaque. Par ailleurs, ce conflit révèla la vulnérabilité des chars lorsqu'ils opéraient dans des zones étroites telles que des villes, des bois, des défilés ou des cols...c'était la fête des armes antichars de tout poil. A l'époque, un projectile de fusil antichar, entre de bonnes mains, traversait allègrement plus de 20mm de blindage à 300m! ...Après aussi, mais les blindages moyens s'accroiront au fil des années. Il fallait absolument adjoindre des troupes à pied pour nettoyer le terrain et éviter, au maximum, ce genre de rencontre désastreuse.


    Après ce bref résumé sur les approches stratégiques, nous nous pencherons-nous sur le berceau du nouveau-né, le Véhicule de l'Avant Blindé ou VAB, comme le baptiseront les Français, après guerre....



    Le Schützenpanzerwagen et sa nombreuse progéniture




    [BREAK=Le vif du sujet!...enfin, presque!]



    Bon, nous en étions resté à la fin de la Guerre d'Espagne et à l'apparition d'un besoin évident en véhicules de transport de troupe blindés.
    [mode soliloque]...Je me suis embarqué dans un truc, là, moi...[/mode soliloque]


    Penchons-nous sur le berceau encore vide du futur nouveau-né.
    Petite remarque préalable, curieusement l'armée allemande n'envisagea, à l'époque, aucune étude pour un véhicule entièrement chenillé, pourtant plus performant en tout-terrain et qui aurait, assurément, rendu bien des services sur les calamiteux terrains du front de l'Est, quelques années plus tard...comme quoi, « Nobody is perfect »!!!!...Ils commenceront, en 1944, à réfléchir au problème, sur la base du Panzer 38(t) mais la fin du conflit ne permit pas d'effectuer de dévellopement et ce n'est que dans les années 1960/1970 qu'un tel engin verra le jour dans la Bundeswehr!...mais çà, c'est une autre histoire.


    En 1934, la société Hansa-Lloyd-Goliath AG de Brème, qui deviendra, en 1939, l'entreprise Borgward - fin 1950/début 1960, les voitures Borgward...çà c'était de la bagnole!- avait conçu un tracteur d'artillerie semi-chenillé de la classe 3 tonnes, le HL kl 2, plus connu, ultèrieurement, sous la dénomination réglementaire de SdKfz.11.


    Photo HL kl 2




    En 1935, une étude avait été lancée, par Büssing-NAG, pour le dévellopement d'une superstructure d'« auto-canon », comme on disait au début du siècle passé, armé d'un canon de 3,7cm ou de 7,5 cm sous tourelle.
    Ci-dessous, photo du 7.5 cm Selbsfahrlafette L40 monté sur une caisse blindée adaptée pour le chassis de trois tonnes H8(H) d'Hanomag ou HL kl 3 (H) d'Hansa-Lloyd.



    Photo 7.5 cm Selbsfahrlafette L40





    Finalement, hormis trois protos, le projet fut abandonné en 1938 mais certaines solutions techniques, notamment le profil de blindage de caisse très particulier, conçu par Büssing-NAG furent réutilisées pour la mise au point par Hanomag du futur Mittlerer Gepanzerter Mannschaftskraftwagen ou Gepanzerte Mannschafts Transportwagen, abrégé bizarrement, MTW.





    Comparaison visuelle des chassis du HL kl 5 (SdKfz.11 de série) et du HL kl 3(H), prototype du véhicule blindé dévelloppé par Hansa-Lloyd.


    Photo HL kl 3 (H) & HL kl 5




    On remarque, sur le HL kl 3(H), la colonne de direction et le volant typiques des futurs SdKfz.251, conçus pour un gain de place et de hauteur. La solution du moteur arrière, d'où le suffixe (H) comme « Hinter » ou « Arrière », fut abandonnée car dans l'optique de portes arrières, çà ne servait à rien que les fusiliers se prennent les pieds dans les fils de bougies et les durites, çà aurait fait négligé! ...Donc, retour du moteur dans le compartiment avant!

    On va p'têt pas tarder à entrer dans le vif du sujet!

    Mais on était déjà en 1938 et, maintenant que Dodolf exprimait ouvertement ses intentions expansionnistes, il était peut-être temps de finaliser le projet!


    Le chassis définif du SdKfz.11, H kl 6, fut retenu avec un moteur à essence Maybach HL 42. Le train de roulement du SdKfz 11 fut également adopté avec son essieu avant directionnel et son train de chenilles motrices constituées de maillons "squelettes"en acier à inserts caoutchoucs et liaisons lubrifiées. Bien que bénéficiant d'une longivité exceptionnelle, ce train de chenille nécessitait un entretien incessant et minutieux de la part de l'équipage. Comme, de surcroit, il coutaît la « peau des murges », les allemands s'efforcèrent de lui trouver un remplacant, en vain car il resta en production jusqu'à la fin du conflit.

    Le concept de la caisse blindée anguleuse initialisée par Bûssing-NAG fut retenu pour la réalisation de la carrosserie. L' inclinaison et le profil ballistique des plaques de blindage permettaient d'utiliser des plaques d'acier de moindre épaisseur et de diminuer d'autant le poids total du véhicule.
    L'engin était destiné au transport de douze personnes (voir Nota), à savoir, une section de dix fusiliers (Schützen)avec tout son barda, le chef de section et le chauffeur.
    Nota: Et c'est là que çà se corse car les auteurs ne sont pas tous d'accord sur l'effectif de l'équipage d'un SdKfz.251/1, version transport de fusiliers...On trouve du 10, du 11 et du 12...l'hypothèse de onze (11) occupants ne colle pas avec la configuration de deux sièges avant et deux banquettes symètriquement identiques. Il est plus vraissemblable que le projet initial prévoyait un total de douze (12) personnes mais que la version de production n'en embarquait effectivement que dix (10).


    Ainsi naquit le Mittlerer Schützenpanzerwagen ou SdKfz.251.


    Je ne résiste pas au plaisir de vous infliger cette magnifique photo de propagande que reprendra Tamya-san, dans les années 1970 pour le couvercle de la boite du Sdkfz.251/1. Le véhicule ci-dessous est, plus précisément, un SdKfz 251/1 Ausf.B mais je vous expliquerai, tout à l'heure, comment identifier la "bébète".





    [BREAK=Descriptif Technique]


    AVERTISSEMENT: Comme j'ai décidé de dévelloper la description technique, pour « ceusses » qui sont moyennement passionnés, je donne rendez-vous un chouïa plus bas. Ceci dit , vous auriez tort de dédaigner cet épisode, c'est plein d'informations sympas!




    NOTA: à peu de choses près, les caractèristiques techniques resteront identiques jusqu'à la fin du conflit


    La Mécanique :


    Longueur (Hors tout): 5,80 m, soit kif-kif une Mercédès Classe S Limousine mais sans le confort!
    Hauteur (Hors tout) : 1,75m
    Largeur (Hors tout) : 2,11m
    Largeur de chenille : 23,5cm
    Poids (à vide) : 7400 kgs
    Poids (en ordre de combat) : 9000 kgs


    Moteur : Maybach HL 42 TUKRM , 6 cylindres à essence de 4,171 litres de cylindrée à refroidissement par eau, qui dévellopait 100 CV à 2800t/mn.
    Pour les tatillons...ordre d'allumage: 1-5-3-6-2-4
    Carburateur SOLEX "à papillons" double corps, à 4 cuves pour éviter les désamorcages dans les fortes pentes.
    Contenance de l'unique réservoir de carburant : 132,5 litres (Spielberger indique 160 l)
    Consommations en carburant : de 47 litres à 78 litres aux 100 kilomètres suivant le type de terrain.
    Autonomie: (et c'est là qu'on se marre!) selon Spielberger, elle est de 300 km sur route et de 150 en tout terrain...faudra m'expliquer comment je peux faire trois cents bornes avec 132 litres sachant que je consomme 47 litres aux cent!...Ou, alors , ce n'est que de la descente et je coupe le moteur, pour faire de la roue libre, comme çà se pratiquait souvent, dans le passé, quand il n'y avait pas toutes ces assistances hydrauliques...Fortement déconseillé sur les véhicules modernes...carton garanti...c'est p'êt pour çà que Spielberger indique, lui, 40 l aux 100!!!
    Vitesse (max.) sur route: 52,5 km/h mais la vitesse était réglementairement limitée à 45 Km/h (consignes peintes sur le panneau en regard du conducteur).
    Périodicité des vidanges: 3500 km (consignes peintes, également).
    Embrayage à sec à double disques.
    Boite de vitesse (manuelle) : Hanomag 021-32785U50 à quatre (4) rapports Avant, un (1) rapport Arrière et boite transfert, ce qui nous donne 4 "Petites" et 4 "Grandes" en marche avant et deux rapports de vitesse en marche arrière.
    Circuit électrique: 12VCC – 2 batteries 12V/75A/H – Démarreur électrique et dynamo Bosch.


    Le train de roulement:

    Strictement identique à celui du SdKfz.11 et constitué de:


    Un essieu avant directionnel non moteur, monté sur une suspension transversale en lames de ressort.. Jantes en aciers et bandages pneumatiques (7.25 x 20).


    Deux trains de chenilles constitués chacun, d'un barbotin avant moteur, de sept paires de roues de route à bandage caoutchouc montées en recouvrement sur barres de torsion et d'une roue-guide arrière. Les chenilles proprements dites sont constituées de 55/56 maillons en acier au manganèse, modèle moulé Zgw50/280/140 ou modèle forgé Zpw 50/280/140 (Nota: Je me méfie, il y a des empapaouteurs de mouches sur ce site, notamment mon bougnat préféré qui est tombé amoureux des maillons de chenilles)avec inserts caoutchouc et liaisons lubrifiées (ne pas oublier la pompe à huile dans le lot de bord, siouplait!).


    Rayon de braquage : 11m
    Pente gravissable : 24°...si je ne me suis pas gourationné, cà fait des pentes à 26-27%...Message personnel au Lolo des Villes: "C'est bien çà, monsieur le Prof de Maths?"

    Correction apportée grâce à l'aimable participation de Bruno, not' bougnat:
    Veuillez lire "pentes (gravissables) de 39,5%...j'ai toujours été faché avec les maths!

    Ultime correction, six mois plus tard! l'interpellé, cité plus haut, prof de maths de son état, ayant fini par tomber, tout à fait par hasard, sur ce monument de la littérature historico-technique "françouaise"! à l'unanimité...Lolo des Villes! :sarcastic: :sarcastic:

    Bref, une pente de 24° çà nous fait en langage "routier" une pente de quasiment 45% ( 44,5% plus précisement! ...si vous souhaitez réviser vos vagues notions lointaines de trigonométrie, vous trouverez, dans les commentaires en annexe, le cheminement intellectuel de not' matheux!
    Capacité de franchissement de coupure : 1,98m
    Hauteur d'eau guéable : 0,61m




    La Carrosserie:


    Reprise "in extenso" du chassis porteur et du train de roulement du SdKfz.11...c'est bien, çà nous fait gagner du temps!
    Les croquis, ci-dessous, permettent de constater que le maximum de charge est réparti idéalement sur le long train chenillé (Rappel: les "semi-chenillés" allemands sont en réalité des "trois-quarts" chenillés et leur train de roues avant n'est pas moteur mais uniquement directionnel).






    Une carrosserie originale, issue des études de Büssing-NAG, fut adoptée. Elle offrait, à la fois, un excellent profil ballistique et un maximum d'espace disponible intérieur mais donnait au MTW un curieux air de grosse "baignoire roulante"...maintenant, on dirait plutôt un "spa", vu le nombre de places disponibles.


    La caisse était constituée de deux sections principales, la partie avant comprenant le capotage moteur et le poste de conduite, la partie arrière à ciel ouvert faisant fonction de "cabine passagers". Ces deux sections étaient réalisées en plaques d'acier blindé soudées et rivetées à la base du chassis. Elles étaient reliées ensemble, par rivetage, sur des renforts situés derrière le compartiment du conducteur. Cette disposition associée à la robustesse initiale du chassis offrait au véhicule une rigidité exceptionnelle.
    Les versions Ausf.A,B et C associaient rivetage et boulonnage, la version tardive Ausf.D utilisera uniquement la technique soudée (plus économique).


    Epaisseurs des blindages:


    Plaques frontales: 14,5 mm sous un angle de 14°
    Glacis: 10 mm à 80°
    Plaques latérales: 8 mm à 35°
    Plaques arrières : 8 mm à 35°
    Plancher: 6mm à l'horizontale.

    Force est de constater, que même si sa contruction angulaire améliorait ses caractèristiques ballistiques contre les projectiles, la caisse blindée du SdKfz.251 était surtout conçue pour protéger ses occupants des tirs d'armes personnelles, d'armes automatiques de type mitrailleuse et d'éclats de grenade ou d'obus explosifs d'artillerie"légère" de campagne, explosant à proximité. Par contre, elle n'offrait aucune protection sérieuse contre les tirs de fusils antichars et tout tir direct d'artillerie antichar ou non. Les Russes ne s'enquiquinaient pas trop avec la distinction entre artillerie conventionnelle et antichar et toute pièce d'artillerie ayant une véhicule blindé ou un char dans son viseur arrosait l'intrus avec les munitions tombées sous la main des servants. Il faut reconnaitre que cette méthode peu orthodoxe (ah, ah, "russe" et "peu orthodoxe"...elle est bonne, non?) donna, au grand dam de ses adversaires, d'excellents résultats.

    Profil couleurs SdKfz.251 Ausf.A





    Bon, je vais m'arréter là pour aujourd'hui...La suite au prochain numéro, comme on dit!


    La prochaine fois, nous nous intéresserons aux différentes variantes de caisses et à l'aménagement intérieur de ce magnifique autobus de tourisme pour fusiliers. Ultèrieurement, nous nous attaquerons aux vingt-trois (23) versions produites au cours du conflit...Vingt-trois...mais pourquoi j'ai choisi cet engin?

    [BREAK=Petite escapade pédagogique....]


    Comme vous avez été particulièrement attentifs, chères petites têtes blondes, aujourd'hui, nous irons visiter la Kaserne toute proche où le Herr Feldwebel Helmut Muckensturm nous fera découvrir son magnifique parc de Mittlerer Schützenpanzerwagen. Allons...Allons...Djti, François-Julien, Laurent...on ne se dissipe pas!...mettez vos capotes, il fait froid...

    (20)Sd.Kfz 251 Ausf.A – Parc




    Bon, en rang par deux...Je vous ai choisi une petite chanson de marche entrainante...Bruno, Bitte, donnez le « La »....Voilà, Ja, en cadence...Links... Recht...Heili, Heilo, Heila.....


    Les variantes de caisse du SdKfz.251


    Contrairement aux chars, ce véhicule blindé se déclinera, en tout et pour tout, en quatre variantes, tout au long du conflit.L'air de rien, çà nous facilite drôlement la vie!

    SdKfz.251 Ausf.A
    SdKfz.251 Ausf.B
    SdKfz.251 Ausf.C
    SdKfz.251 Ausf.D


    Première génération: SdKfz.251 Ausf.A-B et C.


    Oui, parce que, vous allez voir, les modifications entre ces trois variantes ne bouleversent pas le sort du monde.


    (8) Sdkfz 251 variante A & B (croquis)





    Comme nous l'avons vu précédemment, la caisse du SPW est réalisée en deux parties, facilement identifiables sur les croquis ci-dessus :
    La partie avant constitué du carénage moteur et du poste de conduite.
    La partie arrière qui fait office, en quelque sorte, de « cabine passagers ».
    L'accès à l'habitacle s'effectue par une grande ouverture tout à l'arrière du véhicule, munie de deux portières, au profil en V pour les variantes A-B et C.
    Le capot moteur comporte plusieurs ouvertures munis de capots. Tout d'abord, à sa partie supèrieure, d'avant en arrière, une grille d'entrée d'air rectangulaire et deux grands panneaux rabattables qui donnent accès au compartiment moteur.
    Sur la calandre, au profil en V sur les trois premières variantes, une trappe est prévue pour l'engagement de la manivelle en cas de démarrage « manuel » et qui sert accessoirement d'entrée d'air supplémentaires. De part et d'autre du capot moteur, un volet rabattable destiné à l'évacuation de l'air chaud, le volet de gauche étant manoeuvrable par le conducteur depuis son poste de conduite ....(Non, j'n'en sais rien pour le volet de droite! ).

    Remarque: le moteur était équipé d'un circuit de refroidissement par eau avec radiateur et ventilateur mais çà devait drôlement chauffer, là-dedans, car il est fréquent de voir des 251 avec tous les panneaux ouverts, en période estivale!


    (9) Sdkfz 251 variantes A-B-C (Avant)







    Comment différencier un 251 Ausf.A, B ou C quand on ne voit que le capot moteur. Cas d'identification fréquemment rencontré au début du conflit lorsque tout les pinpins s'empilent fièrement devant l'engin pour une inoubliable « photo de famille ».



    Les Ausf.A et B ont exactement le même capot moteur...bon, çà commence mal!...Vous ne pouvez les distinguer que par la position de l'antenne radio, fixée sur le marche-pied droit du Ausf.A ou sur le haut de caisse droit pour le Ausf.B et les suivants. ....Oui?...t'as une question à poser, mon petit Laurent?.... .
    ...Euh, ben voilà, parfois, il n'y a pas d'antenne,comment qu'on fait?
    ...On y vient!
    ...François-Julien et Claude, cessez de jouer avec ces remorques sinon double ration de rutabagas à la cantine sans pain ni saucisse!


    Seuls, les Ausf.A disposent de trappes de visions sur les flancs du "compartiment passagers". Elle seront supprimées dès la variante Ausf.B....sont pas là pour admirer le paysage, les troupiers! Il est surtout vraissemblable que ce n'était qu'une simplification de production.


    Les Ausf. A & B sont équipés d'un pare-chocs de forme « tubulaire », et les phares sont fixés sur les garde-boues.


    Sur la variante Ausf.C, la calandre, en « V » prononcé, est remplacée par une plaque de blindage, de 14,5 mm d'épaisseur (contre 12 mm, précédemment), inclinée, d'aspect « chanfreinée » à sa partie infèrieure, et munie d'une simple découpe pour le passage de la manivelle. Le pare-choc initial disparait et les phares sont fixés directement sur le chassis. L 'arrivée d'air s'effectue, dorénavant, par le bas de caisse. La grille de haut de capot est supprimée et les trappes d'aération latérales manoeuvrables laissent place à des boites à air carénées, non obturables, assurant une circulation d'air permanente ...Quand je vous disais que çà chauffait, là-dessous!


    (11) Sdkfz 251 C - (profil)




    Entracte!... ....esquimaux...chocolats!

    Cà va, vous suivez?...Bon, passons à la coque du poste de conduite... le conducteur et son passager disposaient chacun d'une trappe de vision frontale et d'une trappe latérale. Si je me réfère aux informations de Spielberger, ces trappes étaient de simples abattants (position ouverte ou fermée) sur les Ausf.A et Ausf.B et seront munies d'une « crémaillière » de réglage d'ouverture sur le Ausf.C. Seuls, le conducteur et son "voisin de palier", généralement le chef de section, disposait d'un semblant de toit pour les abriter.

    (25) Sd.Kfz.251 - Poste de conduite.



    La seconde partie de la caisse est donc constituée par ce qu'on pourrait baptiser le compartiment "passagers"...Sur la version initiale Ausf.A, deux trappes de visions latérales sont également prévues de chaque côté; elles disparaitront pour toujours à partir du Ausf.B. Des caissons de rangement sont ajoutés sur les gardes-boues. Sur les versions Ausf.A et Ausf.B, ils sont disposés sur l'avant des garde-boue puis, sur la version Ausf.C, ils ripperons vers l'arrière.

    (10) Sdkfz 251 - A-B-C - Positions des caissons



    Pour accéder dans l'habitacle, le Sd.kfz.251 était équipé, à son extrémité arrière d'une porte à deux battants dont le "chambranle" était rapporté au compartiment "passagers" Deux grandes poignées permettaient la manoeuvre des battants. Lorsque les portières sont fermées, les poignées de manoeuvre présentaient une disposition en croix.

    Visitons l'intérieur du véhicule dans sa version transport de troupe (Sd.Kfz.251)

    Bon, c'a y est, maintenant c'est avéré, le 251/1 était prévu pour 10 fusiliers, plus le chef de section qui occupait le siège passager et le conducteur, soit un effectif complet de 12 personnes. Les dix fusiliers se répartissaient sur deux banquettes rabattables installées de part et d'autre de l'habitacle. Des rateliers étaient prévus sur les parois pour y arrimer les Mausers Kar98 ainsi que les deux MP du lot de bord (conducteur et passager avant), les deux MG 34 constituant l'armement du véhicule, un affut trépied lourd pour MG 34 et les canons de rechange. Sous les banquettes rabattables, étaient rangés les boites de bandes de munitions (250 cartouches) pour les MG. Bon alors, je ne sais pas si c'était 10 boites en tout ou 10 sous chaque banquette, ce qui en ferait 2, au total. A l'arrière, vers les portes, on trouve également des chargeurs de forme tronçonique"type Kuglopf" de 50 cartouches, toujours pour les MG. Si vous rajouter les munitions pour les flingues et les grenades à manche (si chères au Teutons), vous n'avez pas intérêt à prendre un pelot en pleine poire, vu la quantité de trucs explosifs embarqués dans le bouzin!

    (22) Sd.Kfz.251 - Vue de l'habitacle.



    Comme vous pouvez constater, l'espace était assez confiné et largement encombré par les bardas , casques, musettes, masques à gaz, etc....(Nota: le panier en osier ne fait pas partie du lot de bord réglementaire). Le reste des "bagages" était rangé dans les coffres extèrieurs.

    Question confort, il valait mieux envisager une belle journée printanière car, hormis une bâche pour les conditions extrêmes, l'habitacle dépourvu de toit se transformait, suivant le cas, en superbe pataugeoire, en cas de pluie, ou en poële à frire en cas de cagna excessif!...Tenez, regardez par temps pluvieux, ce que çà donne...Aaaah, c'est vivifiant, c'est sûr!

    (26) Sd.Kfz.251 - Les gaitées de l'escadron



    Bon, dirigons-nous vers l'avant du véhicule. Donc à gauche, nous avons le conducteur qui est sensé se dépatouiller avec son volant et sa curieuse colonne de direction (recherche de gain en hauteur), ses leviers de boite de vitesse et de crabot et ses pédales. Là aussi, la position de conduite ne semble pas très confortable. Le conducteur dispose d'un certain nombre d'instruments de bord (Compteur de vitesse, compte-tours, ampèremètre et température d'eau)

    (24) Sd.Kfz.251 - Poste de conduite.



    A droite, est installé le seul passager qui dispose d'une vue sur l'avant. Il est chargé, en autre, de l'exploitation du poste de radio/téléphone FuG "F". Sachant, qu'initialement, ce poste était installé dans son dos, la fonction du passager avant était fortement déconseillée aux personnes atteintes de scoliose ou sensibles aux lumbagos et autres tours de reins! Ultèrieurement, le poste sera installé en face du passager pour en simplifier l'utilisation. Le passager dispose également d'un compartiment "trousse de première urgence".

    (23) Sd.Kfz.251 - Poste de radio.



    Outillage du lot de bord :

    Sur le Sd.Kfz.251 Ausf.A, les différents outils (pelles, pioches, barres de manoeuvres, etc.) étaient fixées sur les parois extérieurs et l'extincteur de bord sur le garde-boue droit. Dès l'apparition de la variante Ausf.B, l'outillage rejoindra, vite fait l'extincteur sur les garde-boues, qui lui-même, ,à partir de la variante Ausf.D, poursuivra sa carrière dans l'habitacle.

    Remorquage:

    Pour le remorquage de pièces d'artillerie (notamment), le Sd.Kfz.251 était équipé, à l'arrière, d'un crochet d'attelage, d'une prise électrique et d'une arrivée d'air (circuit pneumatique).

    (27) Sdkfz 251-4 - dispositif d'attelage




    Comme la maison ne recule devant aucun sacrifice pour la satisfaction de ses lecteurs, nous vous avons déniché la photo dun Sd.kfz.251 en pleine action de remorquage fort appétissante...en tous cas pour le brave troupier teuton! ...En quelque sorte l'ancêtre de nos livreurs de pizzas!


    (28) Sd.Kfz 251 - La popote






    Les mitrailleuses de bord:

    L'armement du Sd.Kfz.25/1 est constitué de deux MG 34 (calibre 7,92mm – cadence de tir : 800à 900 coups/mn) montées sur des pieds-pivots, disposés à l'avant, sur le "toit" du poste de conduite, et à l'arrière, sur le chambranle des portes d'accès. Initialement, sur la variante Ausf.A, il n'était pas prévu de bouclier pour protéger le servant de la MG avant. Du coup, pour pallier à cette carence, une floraison de sacs de sables fera son apparition dans les premiers mois du conflit.

    (29) Sd.Kfz.251-1 Ausf.A - sacs de sable.




    Puis, avec la variante Ausf.B, le bouclier de MG fera son apparition et sera repris également sur les Ausf.A. Ils y en a même qui, par prudence, conservaient encore les sacs de sable!...Si, si, la preuve....

    (30) Sd.Kfz 251 - Un pessimiste!




    A ma connaissance, la MG arrière ne bénificiera jamais de bouclier.


    Bon, les enfants, c'est l'heure du goûter et notre symphatique Feldwebel vous a prévu un petit en-cas à base de Würste mit Kartoffeln, arrosée de Bier, car il est munichois...n'est-ce pas Helmut?

    ...Rompez...Vous pouvez disposer....Offrez des cigarettes!

    Quand je vous disais que je m'étais embarqué dans un vrai merdier, hein?...Vous ne m'aviez pas cru, tas de feignasses! Vous n'avez pas fini d'en bouffer du Sd.Kfz.251...vu qu'en dehors des variantes...et on ne s'est pas encore farci l'Ausf.D, ben, y'a juste 23 versions plus les sous-versions radio!!!! ...Content, Gaétan??????.....

    Moi, je me marre!!!!!.....


    [BREAK=Le temps des économies.]

    Si le Sd.Kfz.251 est le véhicule blindé allemand produit en plus grand nombre, au cours du conflit, 15252 véhicules sortiront des chaines de production, sa production restera longtemps confidentielle.


    Au printemps 1939, il y avait tout juste assez de véhicules pour équiper une compagnie du Régiment d'infanterie de la Ière PD, stationnée à Weimar. Finalement, au cours de l'année 1939, ce sont 232 Sd.Kfz.251 qui seront produits.


    En 1940, à peine mieux, 337 Sd.kfz.251 sortiront des chaines.


    Il faudra attendre 1942 pour voir enfin la production atteindre les 1000 unités par an.


    Et ce n'est qu'en 1944 que celle-ci atteindra son point culminant, avec 7785 unités fabriquées, soit plus de la moitié de la production totale, pour cette seule année! Accessoirement , on comprend mieux l'importance du choix d'Albert Speer, par Dodolf, comme Ministre de l'Armement. Nous passerons pudiquement sur les moyens employés pour atteindre ces résultats, moyens qui enverront ledit Speer sur le banc des accusés du Procès de Nuremberg.


    Dès 1939, la variante Ausf.B succéda aux tous premiers Ausf.A et à la fin de l'année 1940, le modèle Ausf.C la remplaça sur les chaines de production. Le Sd.Kfz.251 Ausf.C bénéficia de l'expérience acquise au cours des premières campagnes. Comme on vient de le voir, l'aménagement extèrieur fut revu, notamment le capotage des ouies d'aération, la nouvelle calandre, et le déplacement des caissons de garde-boue vers l'arrière pour disposer l'outillage de bord sur ces mêmes garde-boues. En opération, il s'était avéré que le décrochement entre les garde-boue des chenilles et ceux des roues avant était trop important et favorisait l'accumulations de boue et de débris. Du coup, sur le Ausf.C, ce décrochement sera également diminué.


    Le remaniement le plus important sur le Ausf.C fut réalisé dans son aménagement intèrieur, appuie-têtes relevables donnant accès aux rateliers d'armes, sections de banquettes manoeuvrables séparement, à l'instar des 2/3-1/3 couramment installés sur nos véhicules modernes. Sous chaque banquette, il y avait dorénavant un caisson avec une trappe d'accès frontale et un couvercle supèrieur démontable. Les sièges à l'avant furent également modifiés et le poste de radio-téléphone FuSpG « F » R/T, jusque là particulèrement mal placé, fut installé en face du passager, en lieu et place de la « trousse de première urgence » précédente. Derrière le siège du chef de bord, on disposa des tubes de rangements pour les cartes d'état-major et, ultime touche de confort, un dispositif de chauffage par air chaud fut inclus (mais c'était une option! ). La fabrication des portes arrières fut également révisée et les poignées de manoeuvre furent dorénavant soudées et non plus boulonnées comme sur les versions précédentes.


    En parlant de soudure...Comme il devenait nécessaire d'augmenter la production du Sd.kfz.251et ce, bien que les chiffres précédemment cités ne soient guère révélateurs, plusieurs constructeurs allemands furent conviés à participer à sa fabriquation. Mais toutes ne maitrisaient pas encore la technique de soudure et, le temps que les formations « ad hoc » fussent dispensées et les moyens techniques mis en place, la solution provisoire du rivetage fut adoptée pour la réalisation d'un certain nombre de caisses. On rencontre donc des Sd.kfz.251 Ausf.C à caisse rivetée. Hormis les têtes de rivets visibles de l'extèrieur, la construction était absolument identique. Le petit problème avec les rivets c'est ,d'une part, une moindre robustesse de construction, d'autre part, leur facheuse tendance à se transformer en projectiles meurtriers, dans l'habitacle, en cas d'impact sur la caisse.


    L'aménagement intérieur de la variante Ausf.C fut considérée comme une réussite et restera inchangée juqu'à la fin du conflit. Elle sera reprise « in extenso » dans la nouvelle variante Ausf.D.


    En Septembre 1943, celà faisait maintenant quatre ans que la guerre avait débutée. Or, depuis le début et même dans les plans de Barbarossa, le Haut Commandement teuton n'avait jamais envisagé, une seule seconde, un conflit d'une telle durée. Du coup, le Grand Reich commençait à coincer sérieusement questions matières premières et approvisionnements. Par exemple, il avait dû renoncer, dès 1942, à dévelloper la production, pourtant prometteuse, des armes antichars à âme conique - technique éhonteusement volée aux Français, par ailleurs – car elles nécessitaient l'emploi d'un métal rare, le tungstène. Du coup, le tungstène fut exclusivement réservé à des productions plus nobles comme l'aviation et la Heer se contenta d'épuiser les stocks d'obus déjà produits. Ce qui était valable pour le tungstène, l'était aussi pour l'acier, sur une toute autre échelle. Certes l'Allemagne disposaient, elle-même, de mines de fer et se servait sans scrupule des ressources minières des pays occupés mais quand il s'agit de produire, en même temps, des milliers d'engins, d'armes et de navires de toutes sortes, çà implique d'en avoir sous le pied et donc d'économiser au maximum le précieux minerai. En plus, un complexe sidérurgique, ce n'est pas spécialement discret et les Alliés avaient la très mauvaise idée de bombarder consciencieusement ces magnifiques usines, foutant ainsi une pagaille noire dans l'organisation teutonne et provoquant des ruptures de production fort préjudiciables à sa bonne marche industrielle.


    Donc, à la fin de l'été 1943, le mot d'ordre du Ministère de l'armement est « ECONOMIE »! Les bureaux d'études firent fonctionner leurs neurones ...et notre brave Sd.Kfz.251 eu droit, lui aussi, à un lifting drastique.






    L'ultime variante: Le Sd.Kfz.251 Ausf.D


    Donc, nous sommes en Septembre 1943, juste après la célèbre bataille de Kursk (ou du saillant d'Orel, c'est la même chose), durant laquelle Russes et Allemands se sont collés une peignée monumentale, particulièrement coûteuse en matériel, dont les Teutons ne se remettrons jamais totalement. A partir de Kursk, l'armée allemande restera sur la défensive jusqu'à la fin du conflit.


    Bien que toujours produit en nombre insuffisant, notre brave Sd.kfz.251 est devenu un vehicule prioritaire et sa fabrication nécessite une standardisation accrue.


    La caisse très anguleuse des variantes Ausf.A-B-C était très gourmande en blindage et impliquait des temps de montage importants . La nouvelle conception de l'Ausf.D réussit le tour de force de réduire la quantité de plaques de blindage utilisées de 50% et de réduire considérablement le délai de fabrication! Ach, l'organisation teutonne, on dira ce qu'on voudras mais, quand même,...chapeau bas!


    (12) Sd.Kfz. 251 Ausf.D - (profil)




    Les carénages des entrées et sorties d'air du capot moteur disparaissent, les garde-boues sont simplifiés, les trappes de vision latérales du compartiment conducteur sont remplacés par de simples fentes de visée, découpées dans le blindage. Les coffres extérieurs précédemment fixés sur les garde-boue laissent place à deux bêtes rampes de caissons sur les flancs du véhicule, munis de trappes cadenassées.


    (14) Sd.Kfz. 251 Ausf.D - GB Avant




    (15) Sd.Kfz.251 Ausf.D - coffre extèrieur




    La disposition des portes d'accès arrières est simplifiée aux maximum et l'accès sera protégé par deux simples plaques de blindage.


    (13) Sd.Kfz. 251 variantes Ausf.C-D (comparaison portes arrières)














    Même le crochet d'attelage a droit à un relooking...


    (16) Sdkfz 251 D - dispositif d'attelage








    Par contre, l'aménagement extèrieur restera identique à la variante Ausf.D, à l'exception des banquettes qui précédemment étaient constituées d'un chassis métallique, de ressorts et d'une housse. Dorénavant, ce seront des planches de bois avec une bourre de laine et un habillage en moleskine clouté sur l'assise. Aaah, çà tourne à la cellule monastique, question confort, c'est sûr! Certaines plaques de fixation destinées au matériel ou l'armement transporté, jusque-là métalliques, seront également remplacées par des panneaux en bois.




    Seuls, le chassis, le moteur et la cinématique, issus du Sd.kfz.11, resteront inchangés.


    Le résultat de ce « recarènage » sera un véhicule à la silhouette particulièrement moderne pour l'époque, au point qu'il restera en production après guerre, en Tchécoslovaquie, moyennant quelques modifications (moteur Diesel, compartiment entièrement clos...)...Mais çà, c'est une autre histoire!




    Bon, ben, je ne vais pas tarder à m'attaquer aux différentes versions du Sd.kfz.251.


    Allez, comme je suis bon prince, je vous balance déjà le joli tableau que je vous ai concocté sur le sujet!



    ...Je vous préviens, demain, interrogation écrite...et si je vois des tentatives de copiage ou d'usage de pompes, c'est... ...garantie!




    Vous verrez, j'ai plein de photos et de profils sympas.


    ...comment çà, Boss, je deviens un peu envahissant avec mon engin ? ...j'y peux rien, moi, si la famille des 251 fut aussi prolifique! ...Et je te rassure tout de suite, reste encore les Sd.kfz.250 à se farcir après!...Tu veux un site de réputation mondiale? ...Cà viendre mais faut s'qu'y faut, hein!


    Qui c'est qu'a dit...çà manque drolement de "tofos"?... hein, qui?...

    Bon, c'est vrai que ce lâche anonyme n'a pas tout a fait tort...réparons ce léger manque!

    Un superbe Sd.Kfz.251/7 , un modèle du génie. On distingue très bien les supports externes, de chaque côté des hauts de caisse. De toute façon, dès qu'il y a rouleau de fil de fer, y'a "Pionier"!...Cà aide pour identifier!

    En plus, nous avons à faire à la caisse rivetée, évoquée plus haut.
    ..... Je suis tellement bon que je m'étonne moi-même!...



    Bon, allez, soyons fous...Une autre photo fournie par notre Patrice préféré...Il dispose, entre autres, d'une mine inépuisable (enfin presque) d'infos sur les Teutons en Belgique!

    Ce qui semble être un Sd.kfz.251/1 ausf.D, photographié à Nivelles en 1944.





    ...Bon, pour aujourd'hui, çà sera tout! :cafe: .... de votre attention.

    [BREAK=Feuilletons ensemble le superbe catalogue du constructeur!]


    Bon, vu la densité du sujet, je vous suggère d'être prévoyants. Avant de vous installer confortablement devant votre écran, n'hésiter à vous munir d'un stock de boissons rafraichissantes, alcoolisées ou non suivant votre âge ,vos goûts et le niveau de compréhension de votre chère et tendre à ce sujet! Pour les plus âgés d'entre vous, je ne saurais trop insister sur l'utilité des couches « anti-fuites » et des vases de nuit!...On est captivé par le passionnant récit et ...Hop, c'est la cata!...Hein, mon Bruno? Au besoin, munissez-vous d'un sac de couchage confortable.


    3....2....1...c'est parti, mein Kiki!


    Les différentes versions dévellopées à partir du Sd.Kfz.251


    Dans le chapitre précédent, je vous avais posté un p'tit tableau récapitulatif. Comme je connais votre épouvantable niveau de fainéantise, je crois qu'il ne sera pas inutile de passer une seconde couche!


    (IV) Les variantes du SdKfz.251. (Tableau)




    Les couleurs ne sont pas là que pour faire joli. Si vous regardez bien, j'ai essayé de distinguer quelques grandes familles parmi la pléthaure de versions.


    En fait, on peut distinguer trois grandes familles:


    (I) Les véhicules de l'avant blindés (en rouge et en chamois): transporteur de troupe (251/1), tracteur d'artillerie (251/3) et véhicules du génie (251/5 et son successeur 251/7)


    (II) Les véhicules d'appui-feu (en vert): 251/2 – 251/9 – 251/10 – 251/16 – 251/17 – 251/21 – 251/22 – 251/23. Une bonne part de ces versions seront dévellopées dans les ultimes mois du conflit.


    (IV) Les véhicules de commandements et d'assistance technique (en bleu) : Toute la série des véhicules d'état-major 251/3 et le 251/18, les quatre véhicules spécifiques pour l'artillerie 251/12 – 251/13 – 251/14 et 251/15 et les « Deutsche Telecom », garantis sans dopage, si, si!, le 251/11 et 251/19.


    enfin, en dehors de ce classement, nous trouvons l'indispensable ambulance (251/8) et le véhicule d'éclairage IR (251/20 « UHU »). J'aurais tendance à classer ce dernier comme véhicule à dévellopement restreint.


    A première vue, çà parait assez simple, non?...Ne vous y fiez pas, les Teutons étant passés maitres dans l'art du "boxon dans la rigueur", comme nous allons pouvoir le constater un peu plus loin.


    (I) Les véhicules de l'avant blindés:


    En premier, honneur au modèle fondateur qui pourra se targuer d'une nombreuse progéniture...


    Sd.Kfz.251/1 - Mittlerer Schützenpanzerwagen* (véhicule blindé moyen pour fusiliers**)


    *dont l'abrévation courante est SPW. Cette dénomination n'apparaitra officiellement qu'à partir de 1941. Préalablement le 251 était dénommé " Mittlere Gepanzerte Mannschafskraftwagen ou Gp MTW".


    **Ce n'est qu'à partir du 5 Juin 1942 que les régiments de fusiliers (Schützen) intégrés aux Panzer division seront rebaptisés "Panzergrenadieren", ce qui nous donne en français une espèce d'appellation comme "grenadiers de blindés"...bof...

    Bon, c'est le moment de vous glisser " quèques ch'ites" photos car je sent que l'attention faiblit!...Fait pourtant plus trop chaud?

    (46) Sd.Kfz 251-1 Ausf A - Campagne de Pologne - 1939
    Apparemment, vu les bâches, il a plu durant l'été indien polonais!




    (47) SdKfz.251-1 Ausf.A
    C'est-y pas une belle image bien guerrière?...Ah, les PK avaient la vie belle, au début!




    (48) Sd.Kfz 251-1 Ausf.C
    Vous noterez le barda accroché à l'extèrieur. Je vous rappelle que les bidons sont remplis d'eau sinon çà risque de faire "Boum"! Ah, encore autre chose...Sur les Ausf.C, la MG frontale est sensé arborer un bouclier!...C'est très net, on le voit bien...non?








    (21) Sd.Kfz 251/1 Ausf.A – Hiver 41/42 – Russie - 026
    Tiens, tiens, comment se fait-il que la belle cîté moscovite ne soit pas encore prise? C'était pourtant prévu, non?




    Bon, revenons à nos moutons!


    Le 251/1 est destiné, en principe, au transport d'une "section" de 10 hommes avec son chef de section et son chauffeur.


    Mais, il s'avère, en fouillant un peu les documents officiels allemands de l'époque, qu'il y avait, en fait, deux versions distinctes, tout au moins jusqu'en 1942, dans les régiments de fusiliers "mécanisés".


    Cette distinction se faisait, apparemment, par rapport aux armes collectives. Les Allemands étaient les seuls, à l'époque, à avoir dévellopé une mitrailleuse "multi-usages" pour l'infanterie. En effet, la MG 34 ou sa soeur cadette, la MG 42, étaient classées mitrailleuse légère ou mitrailleuse lourde suivant leur emploi.


    Réglementairement, ces deux armes étaient équipées, sous le canon, d'un bipied repliable. Utilisées dans cette configuration, elles étaient considérées comme mitrailleuses légères (Leicht Maschinengewehr) et étaient l'arme d'appui du peloton. Leurs équivalents alliés ou russes étaient le FM 24/29 français, le Bren anglais ou le DP Degtyarev soviétique, en somme, ce que nous appellons, en France, un "fusil-mitrailleur".


    (44) MG 34 - version légère sur bipied (1)




    Les mêmes armes, une fois montées sur un affut trépied, devenaient des mitrailleuses "lourdes" (Schewr Maschinengewehr) sans que le calibre augmente, contrairement aux autres nations. En fait, c'est l'affut qui peut être classé "lourd". Il permettait d'effectuer des tirs prolongés et à grande distance par l'adjonction de dispositif de réglages et de monoculaire de visée à focale plus importante.


    (45) MG 42 sur affut lourd (2)




    Du coup, on retrouve cette distinction dans les Sd.Kfz.251, si on se réfère au "plan de chargement" (Geladepläne) D 660/7 du 13 aout 1942.
    Nota: les deux MG du lot de bord ne sont pas prises en considération dans ce plan de chargement.


    Sd.Kfz.251/1 (a) avec un effectif au complet de 12 hommes (Gruppe) à bord et deux MG "leicht"
    Sd.Kfz.251/1 (b) qui n'embarque que 11 hommes, les équipes de servants pour deux MG"schwer" avec leurs trépieds lourds.


    Cette distinction disparaitra en 1943.


    La production du Sd.Kfz.251/1 sera ininterrompue de fin 1938 à Mai 1945.
    Toutes les variantes de caisses seront déclinées : Ausführung A-B-C-D


    Entre temps, je vous ai pêché deux croquis des banquettes et comme je connais votre obsession du détail "qui tue", je m'empresse de les offrir à votre convoitise. En plus, çà a l'avantage d'être plus clair qu'un long baratin (Oui, je sais, je m'en suis farci un, un chouïa plus avant!). C'est la disposition conçue pour l'Ausführung C, produit à partir du deuxième semestre 1940. autrement dit, vous avez peu de chances de rencontrer un Ausf.C sur nos belles routes "françouaises" en Mai/Juin 1940, qu'on se le dise!


    (39) Croquis des banquettes (1)




    Sur celle-ci, vous visualisez parfaitement la position des MG (une de chaque côté) et des canons de rechange, sous les fesses des passagers. Notez le cadre métallique des banquettes et les ressorts de l'assise. Sous la banquette, le casier de rangement avec sa trappe d'accès frontale et son dessus relevable et démontable.


    (40) Croquis des banquettes (2)




    Sur celle-là, on distingue une partie des rateliers pour les Mausers Kar98, fixés derrière l'appuie-tête. La banquette du fond est habillée de sa housse en moleskine – c'est un peu comme la toile cirée sur la table de votre Mémé mais sans les faisans et les jolies fleurs qui planquent les coulées de confiture...garnements! - bourrée de crins de cheval.

    Sur les variantes Ausf.D, si la disposition intérieure, fort réussie, de la variante Ausf.C est conservée, le cadre métallique des banquettes, pour des questions d'économie, sera remplacé par un cadre en bois et des lattes pour l'assise. On rencontre également dans certains véhicules, un panachage cadre métallique et cadre en bois. La bourre en crins de cheval laissera aussi la place à une bourre de laine de médiocre qualité. Le confort en a pris un sacré coup et le Ausf.D est loin d'être un Pullman!

    (à suivre incessament...mais faut que je dîne, quand même!...Et puis, y'a Zodiaque sur la chaine des maçons!.... )

    [BREAK=Stuka zu Fuß! - Sd.Kfz.251/1 mit Wuhrfrahmen]


    (49) sd.Kfz.251/1 Ausf.B - Stuka zu Fuß




    On peut difficilement décrire le Sd.Kfz.251/1 sans évoquer son rôle de lanceur de roquettes.


    Déjà utilisées par ces cochons de Britiches durant les guerres napoléoniennes - hé oui! - les roquettes furent très à la mode durant le dernier conflit mondial. C'est pas cher et même le propulseur termine en projectile à la fin du parcours, que du bonheur!... çà peut se tirer par gros paquets, çà a un chouette pouvoir destructeur et ça mine moralement la tronche de celui qui les reçoit. A l'inverse, çà a une portée efficace de merde, entre deux et quatre bornes, suivant le modèle, et autant de précision que la superbe montre chinoise que vous a fourguée, l'autre jour, un brave sénégalais sur la plage de Palavas-les-Flôts!


    Les tactiques d'emplois différèrent selon les belligérants. Tandis que les Russes déployaient des alignements impressionnants de Katyushas pour nettoyer une large bande de terrain avant une offensive, les Teutons utilisaient leurs Rakettenwerfers, par paquet de douze, rarement plus, pour réduire au silence des batteries d'artillerie adverse ou faire sauter un verrou ou une position fortement défendue.


    La roquette teutonne fut déclinée en différents calibres, 15, 21, 28, 30 et 32 cm et les Allemands dévellopèrent des lanceurs multitubes spécifiques pour balancer ces charmants colis.


    Mais pour aujourd'hui, nous nous contenterons de nous intéresser aux projectiles de 28 et 32 cm, ceux que tiraient nos braves Sd.Kfz.251.


    Le problème avec ses joujoux, comme déjà dit, c'est leur faible portée et leur relative imprécision. A ces caractèristiques très quelconques, il ne faut pas oublier d'ajouter un désagrément supplémentaire....Rien qu'avec la fumée dégagée, on repérait le point de départ à dix bornes de là! Du coup, les servants de Raketten avaient tout intérêt à s'astreindre au régime jockey et à faire moins de onze secondes aux cent mètres pour essayer de décarrer rapidement de leur position de mise en batterie. Sinon c'était la punition assurée par les artilleurs adverses.


    Restait une solution, monter les lanceurs sur des véhicules capables de dégager rapidement la position et accessoirement blindés...çà peut toujours servir, si on est affligé d'un conducteur un peu demeuré qui adore s'embourber!


    Le Sd.Kfz.251 était une excellente plate-forme de mise en oeuvre pour ce genre de projectiles et, nettement plus polyvalent que les véhicules blindés spécialisés, comme le "Maultier", qui ne savaient faire que çà. Tout Sd.Kfz. 251, hormis la version ambulance (251/8), parce que c'était interdit par la Convention de Genève, et éventuellement, la version d'Etat-major (251/6), pour des questions de confort, pouvait être utilisé comme"base de lancement".




    Le dispositif de lancement.


    Grâce à certains fascicules, fort joliment imagés, nous disposons de croquis explicites sur cette adaptation.

    Vu l'inclinaison importante des parois du véhicule, un cadre métallique assurait la verticalité des berceaux. La dotation standard par véhicule était de six berceaux, trois de chaque côté. Les berceaux étaient fixés et verrouillés sur des bâtis en tole munis d'un secteur gradué, destiné à permettre le règlage en élévation. Comme vous le constaterez sur les photos ultérieures, les bâtis sont disposés dans un ordre croissant en hauteur selon leur position respective. Les bâtis arrières sont disposés le plus haut...Ce n'est p'têt pas nécessaire de se faire sauter la tronche pour une bête faute d'inattention.


    Nota: Oui, je sais, j'vous cause de "berceaux" et, sur les croquis, j'ai marqué "paniers de lancement". Bon, vous avez fait le rapprochement!


    Les berceaux en bois ou en métal des roquettes étaient une sacré bonne idée. D'abord, çà coutait des queues de cerises (çà se voit que ce n'est pas vous qui tenez les cordons de la bourse!). Cà se rangeait facilement sur le plateau d'un bête camion et lorsque le colis avait été expédié à l'heureux destinataire, il suffisait de rendre les consignes pour en avoir des pleines...Hips!


    (17) Sdkfz 251 - Dispositif lance-roquettes




    Bon, maintenant qu'elles sont installées nos gâteries, va p'têt falloir les balancer sur la tronche à Ivan (Tom – Jack – Sergueï... rayer la mention inutile). Donc, nous avons régler l'élévation de nos paniers selon les indications aimablement beuglées par notre Feldwebel préféré, cette peau d'hareng (de la Baltique) de Gert Sauerkraut.


    ...Et pour l'azimut, Chef, comment c'est-y qu'on procède?


    ...Hans, abruti, met-toi au volant... et qu' cà saute, raclure de goguenot!


    ...Voui, Chef...de suite, Chef!


    ...Tu vois les deux machins sur les côtés du capot, face de rat?


    ...A çà?...Voui, Chef.....

    (18) Sdkfz 251 - dispositif de visée




    ... tu tournes, jusqu'à ce que je te sussure "HALT" dans tes oreilles mal lavées!



    Vous pouvez constater de vous-même la précision exceptionnelle du dispositif! Mais bon, nous ne sommes pas à une séance de tir aux pigeons d'argile mais plutôt pour "disperser façon puzzle"!...Donc, dispersons!...Ce qui explique aussi la multiplication des lanceurs, destinée à compenser cette carence de précision.


    Les caractèristiques des roquettes


    Les Sd.Kfz.251 se contentaient de balancer deux types de roquettes:


    28 cm Wurfkörper Spreng à tête HE fortement explosive - (berceau métallique)
    Nota: très appréciée dans les combats urbains!...Ils ont dû se faire plaisir à Stalingrad!...Enfin, au début!


    Longueur: 1,19 m
    Diamêtre: 0,28 m
    Poids total: 82,2 kg (propulseur: 6,6 kg – charge explosive : 49,9 kg)
    Portée : 2138 m


    32 cm Wurfkörper MF 150 à tête incendiaire – (berceau en bois)
    Nota: liquide incendaire très épais similaire au Napalm, cher aux Yankees.


    Longueur: 1,29 m
    Diamêtre: 0,32 m
    Poids total: 79 kg (propulseur: 6,6 kg – charge explosive : 39,8 kg)
    Portée : 2038 m


    En fait, ces deux projectiles sont montés sur le même propulseur et, seules, les charges transportées changent.


    La mise à feu est commandée électriquement depuis la cabine du Sd.kfz.251...par le Feldwebel Gert Sauerkraut. Vu les gaz de départ et le souffle chaud y afférant, l'équipage était prié de se planquer dans les alentours immédiats.




    Le plus gros contingent de Sd.Kfz.251 mit Wuhrfrahmen sera constitué de variante Ausf.D.






    Quelques photos de Sd.Kfz.251 "Stuka à pieds"...oui, c'est la traduction de "Stuka zu Fuß".


    (37) Sd.Kfz.251 Ausf.B – StuKa zu Fuß




    (36) Sd.Kfz.251 Ausf.B - Stuka zu Fuß



    (38) Sd.Kfz. 251 Ausf.D - Stuka zu Fuss






    Bon, une p'tite pause dans ce magnifique feuilleton haletant!


    Dites, les Gars, vous savez qu'on est mal sur ce coup-là, c'est bientôt le 15 Aout, quasiment la fin des vacances et je n'ai pas encore dépassé la version 251/1! J'suis pas sûr d'avoir essoré le 251/23 pour Noël, à ce compte-là! ...C'est de votre faute, vous n'arrêtez pas de m'interrompre! ...Comment çà, je suis de mauvaise foi? ...mais que nenni!

    [BREAK=Quand l'artilleur du Hesse rentrait en garnison...]

    (I) Les véhicules de l'avant blindés (suite)


    Sd.Kfz.251/3 – Mittlerer Schützenpanzerwagen (IG) - (tracteur d'artillerie) - Ausführung A-B-C
    Sd.Kfz.251/4 – Mittlerer Schützenpanzerwagen (IG Ammo) – (transport de munitions) - Ausführung A-B-C et D.


    A ce stade, je me marre car aucun d'entre vous n'a relevé "l'incongruité". Comme quoi, vous ne suivez pas, les Gars!.. J'attend toujours le ..."Hé, dis donc, Lolo, tu nous prends pour des billes...le 251/3, c'est un véhicule radio selon ton tableau et çà n'a rien à voir avec un quelconque tracteur d'artillerie!"...


    ....Perduuuuuu! Car voici la preuve de ce que j'avance.


    Ce n'est pas facile de s'y retrouver car la plupart des ouvrages consacrés au Sd.Kfz.251 effectuent une aimable pirouette sur le sujet et entérine la classification ultime de 1943/1944. Cà me chagrinait car certaines versions ne correspondaient pas chronologiquement.


    Ci-dessous, un extrait du document officiel D660/7 du 13 Aout 1942 "Geladepläne" (affectations de chargement) pour les Sd.Kfz.251 Ausführung A-B-C (le Ausf.D n'existe pas encore).

    En date du 13 Aout 1942, 15 versions du Sd.Kfz.251 sont officiellement répertoriées mais, à cette date, seules, 9 versions sont réellement en service actif, les autres n'étant que des projets en cours d'élaboration.


    (50) Geladepläne 660-7 du 13 08 1942 (1)

    C'est-y pas du beau gothique flamboyant, çà?






    (51) Geladepläne 660-7 du 13 08 1942 (2)







    Le Sd.Kfz.251/3 y est classé comme "Geschützenwagen für des leicht Infantrie Geschutz 18", autrement dit c'est le transport de troupe blindé affecté au service de la pièce d'artillerie de 7,5cm le.IG 18 dont il existait 3000 pièces en 1939. Il transportait les servants et une dotation en munitions pour l'approvisionnement de la pièce.


    (52) 7.5cm le.IG 18






    Durant tout le conflit, les Allemands souffriront d'un manque crucial de tracteurs d'artillerie. Tout y passera, Beute, camions, attelages de chevaux...mais pour les pièces de première ligne, le cheval ce n'était peut-être pas l'idéal!


    Initialement, c'est le tracteur Sd.Kfz.11 de 3 tonnes qui était affecté au remorquage du 10,5 cm leicht Feldhaubitze 18 (10,5 leFH 18). Le Sd.Kfz.251 n'était rien d'autre que la version blindée du Sd.Kfz.11 et, d'une certaine manière, les chassis, ainsi prélevés, manquaient au "poste tracteurs". Il était, somme toute, logique de ne pas le confiner au remorquage de pièces d'artillerie légères comme ce 7,5cm le.IG 18 ou encore le 3,7cm Pak 36/37, qui pesaient à peine 500kg. Très rapidement, le Sd.Kfz.251/3 sera atteler, lui aussi, au 10,5 cm LeFH18. Il tractera également diverses pièces de 7,5 cm et de 10 cm d'artillerie de campagne, notamment les excellentes pièces tchèques produites par Skoda, la plus grosse pièce de l'infanterie allemande, le 15cm s.IG 33 (voir photo ci-dessous) et, ultèrieurement, les pièces de 5cm Pak38 et 7,5cm Pak40.


    Dans la foulée, il convient de lui associer le Sd.Kfz.251/4m, classé par ce même document D660/7 du 13-08-1942 "Geladepläne", en tant que "Munitionwagen für le. IG18", transport de munitions pour canon d'infanterie. Une grande partie des banquettes étaient supprimée pour la mise en place de caissons de munitions (120 obus) et faciliter les manutentions.




    (53) Sd.Kfz 251-3 Ausf.A et Pak 3,7 cm




    (54) Sd.Kfz.251-3 Ausf.A & 10.5 cm le.FH 18




    (55) Sd.Kfz.251 Ausf.A & 10.5cm le.FH 18




    (56) Sd.Kfz.251-03 Ausf.A & 15 cm s.IG 33






    Avec le dévellopement des automoteurs d'artilleries, StuH 42, Marder, Hummel et l'apparition du Sd.Kfz.251 Ausf.D, seule, une version 251/4 sera conservée. Elle cumulera les fonctions des deux véhicules précédents, en fonction de son affectation au sein de l'unité. Certains 251/4 serviront de ravitailleurs en munitions pour les compagnies de chars de combat.


    (57) Sd.Kfz.251-4 Ausf.D & 7.5cm Pak40
    Sous toutes réserves car n'importe quel Sd.Kfz. 251 Ausf.D disposait d'un crochet d'attelage arrière pour remorquer un Pak mais non de la dotation en munitions nécessaires à sa mise en oeuvre. Encore que sous les pieds des occupants, on devait bien pouvoir glisser quelques étuis de pélots de 7.5 cm Pak!




    Nota: Je n'ai pas trouvé de photos de Sd.Kfz.251/4 (ancienne mouture), hormis celle-ci mais en Ausf.D


    (58) Sd.Kfz.251-4 Ausf.D. Ravitaillement d'un Tigre en obus de 8.8 cm





    ....Ouah, super, j'ai fini par trouver une photo sympa!

    Bon, j'assume ma théorie jusqu'au bout. Avec l'arrivée de la variante Ausf.D, il semble qu'une bonne partie de ces véhicules, notamment sur le Front de l'Est, immense et peu carrossable, firent également fonction de transports de munitions pour des unités de chars ou d'artilleries mécanisées. Mais il n'y a aucune confirmation officielle de ce rôle dans les "Geladeplänen" de l'époque...enfin, parmi les quelques documents que j'ai pu trouver.


    Nos chers bouquins ne sont guère explicites sur le sujet. Pour Spielberger, le 251/4 en tant que "Munitionwagen" disparait des tablettes avec l'arrivée du Sd.Kfz.251 Ausf.D mais comme il est muet sur le 251/3, tracteur d'artillerie, vous voyez le genre. Dans l'Osprey New Vanguard N°25, commis par Culver & Laurier, ces messieurs font dèjà l'impasse sur la version 251/3 (IG) et attribuent au 251/4 Ausf.D, le rôle de tracteur pour les pièces de Pak de 5cm (Pak 38) et 7,5cm (Pak 40). Quand je vous dis qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits!

    Il reste bien les Panzer Tracts de Jentz et Doyle mais pour l'instant, ces "fainéants", ne se sont attaqués qu'à la période 1939-1942 pour le Sd.kfz.251!...Cà nous fait une belle jambe!


    Mais, ne polémiquons pas et admirons le cliché.


    (59) SdKfz 251-4 Ausf.D ravitaillant un Stug.



    Oui, enfin, si çà se trouve, c'est un bête Sd.Kfz.251/1 qui fait sa petite promenade de santé! Il y en a d'ailleurs un autre baché en arrière-plan. Cependant, la présence de la bache incite plutôt à l'identifier comme un transport de munitions...parce que si vous coller douze "pinpins", moyennement propres, sous une telle bache, çà va vite sentir la chaussette sale, moi, je vous le dis! ...Ou alors, il fait vraiment un temps de merde!

    ....Bon, çà fait quand même deux versions de moins!

    ...Heu, même pas, juste une! ... vu que la version 251/3, à partir de 1943 n'est pas la même!....Bouuuuuuuuuh


    [BREAK=Feuilletons ensemble le superbe catalogue du constructeur! (2)]

    Et si on parlait de pont, à l'occasion de celui du 15 Aout!...


    ....Oui, je sais, on est le 16 Octobre!...Mais c'est ce qu'on appelle de l'humour "décalé"!


    ... Les véhicules de l'avant blindés (suite et fin)


    Sd.Kfz.251/5 – Mittlerer Schützenpanzerwagen (Pi) – (véhicule de Pionniers)
    Sd.Kfz.251/7 – Mittlerer Pionierpanzerwagen – (Itou!)




    Je peux déjà vous dire que çà ne s'arrange pas, le flou artistique teuton, avec ceux-là! Vous n'aurez pas manqué de remarquer – même si vous ne pigez que dalle à la langue de Goethe - que les dénominations officielles teutonnes sont légèrement différentes. Le 251/5 est désigné comme un transport blindé de fusiliers adapté pour les Pionniers et le 251/7, comme un transport blindé de Pionniers. C'est beaucoup plus clair, non?...Ah bon?...Vous ne faites pas d'effort, non plus!


    Sd.Kfz.251/5 - Mittlerer Schützenpanzerwagen (Pi)


    Si on veut comprendre quelque chose aux subtilités de la classification allemande, il nous faut compulser les documents officiels. La première classification des MTW, comme on les dénommait à l'époque, remonte au 20 Juillet 1940, avec l'approbation du Geladeplane D660/5 qui sera officialisée par le bulletin général de l'armée (AHM 16/11/40 - In6) en novembre de la même année.


    A cette date, seules les variantes Ausf.A et Ausf.B existent. La variante Ausf.C est en gestation, quelques véhicules de préséries sont en cours de tests mais le premier véhicule de production Ausf.C ne sortira qu'en Janvier 1941.


    En novembre 1940,donc, l'état-major décline 8 versions du Sd.kfz.251. En fait, elle associe les versions déjà existantes et celles à venir. C'est le cas pour les versions du génie.


    Le Sd.kfz.251/5 est défini comme un véhicule de peloton de Pionniers intégré dans les unités de fusiliers. En quelque sorte, c'est une sorte de camionnette "SOS dépannage"...vous vous rappelez, l'autre escroc qui vous a voler 150€, un dimanche soir, pour ouvrir votre porte d'entrée parce que vous aviez bêtement oublié vos clés à l'intèrieur...c'est quasiment la même chose mais la douloureuse en moins!

    Le véhicule est aménagé pour transporter le bric-à-brac des bricoleurs du génie. Une partie de banquette est supprimée et un "placard" à ciel ouvert disposé à l'arrière de l'habitacle. Si des Sd.Kfz.251/5 sont effectivement employés au cours de la Campagne de France, la disposition définitive de l'habitacle ne se fera qu'à partir de la variante Ausf.C, au cours de l'année 1941.


    (60) Sdkfz 251-5 Ausf.B (croquis)




    (67) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intèrieur.
    (Nota: Cette disposition correspondrait au Geladeplane D660/7 de 1942)





    Extèrieurement, on ne reconnait un Sd.kfz.251/5 tôtif que par le gros cable d'acier fréquemment lové entre la calandre et le pare-choc, ce dernier n'existant que sur les variantes Ausf.A & Ausf.B.


    (68) Sdkfz 251-5 Ausf.B - 9ème PD










    Il est vraissemblable que ce véhicule en train de remorquer une Panpan "volée" soit aussi une version 251/5.


    (65) Sd.Kfz.251-5 Ausf.B








    En Mai 1939, à la demande de l'Etat-Major, le Corps des Pionniers étudie la mise en place de compagnies "blindées" spécialisées au sein des Panzer Divisions. L'étude débouchera sur la proposition de constituer un bataillon à quatre compagnies. Deux d'entre elles, affectées respectivement aux deux brigades de chars constituant la force de frappe de la Panzer Division, seraient équipées d'engins spécialisés, véhicules poseurs de pont (Brükenleger), véhicules poseur de charge de démolition (Zerstörungpanzer), véhicules de combat spéciaux pour pionniers (Sonderkampfwagen). Les deux autres compagnies à trois pelotons, équipées de MTW, auraient la charge d'assumer toutes les tâches du ressort du Génie au sein de la division. Cette étude est dévellopée, selon les photos, sur la base du Sd.Kfz.251/5, le 251/7 n'existant pas encore.


    Je ne dispose pas d'information quant à la conclusion de ce projet de bataillon spécialisé mais les études et essais menés définissaient des "plans de chargement" spécifiques pour les MTW destinés aux Pionniers. Pour conserver au Sd.kfz.251 son potentiel de véhicule d'assaut, le lot de bord d'équipements spécialisés du génie était réparti entre trois véhicules.


    Véhicules N° 1 – 3 – 5 dans chaque peloton (Zug)


    Lot de bord spécialisé : 523 kg et une équipe de Pionniers.


    (71) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (1-3-5)




    (72) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (1-3-5)




    Véhicules N° 2 – 4 – 6 dans chaque peloton (Zug)


    Lot de bord spécialisé : 487 kg et une équipe de Pionniers.


    (73) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (2 – 4 – 6)




    (74) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (2 – 4 – 6)




    Véhicule N° 7 dans chaque peloton (zug)


    Lot de bord spécialisé : 745 kg – équipage : uniquement conducteur et chef de bord.


    (75) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (7)




    (76) Sd.Kfz.251.5 - Aménagement intérieur. (7)




    En aout 1942, on retrouve une partie de ces dispositions dans le "Plan de chargement" pour ce qui concerne le Sd.Kfz.251/7, avec la distinction entre les véhicules pairs et impairs intégrés dans les pelotons (Zug). Par contre, le véhicule de type N°7 n'apparait nulle part...c'est clair, non?????


    51. Geladepläne 660-7 du 13 08 1942



    Les variantes 251/5 et 251/7 cohabiteront jusque dans le courant de l'année 1944. Le 27 Janvier 1944, un document officiel prévoit l'arrêt de production du 251/5. En novembre 1944,l'exploitation d'un autre document permet de constater que le 251/7 est devenu la seule variante "Pionier"existante.


    C'est peut-être le moment de se pencher sur le Sd.Kfz.251/7!!!

    [BREAK=Cà vient...Cà vient!...On se calme!...Voilà, Voilà....]

    Sd.Kfz.251/7 – Mittlerer Pionierpanzerwagen


    En 1941, donc, débute la production du Sd.kfz.251 Ausf.C. A la lumière de l'expérience acquise au cours des opérations en 1939 et 1940, cette variante bénéficiera d'améliorations tant intérieures qu'extèrieures et servira de base pour de nouvelles versions spécialisées, dont un modèle spécialement dédié aux unités de "Pionier".


    Le Sd.Kfz.251/7 s'identifie au premier coup d'oeil, grâce à ses supports extèrieurs destinés au transport de deux passerelles métalliques incurvées "multi-usages", de 8 tonnes de capacité de charge chacune. Ces passerelles servaient pour l'aide au franchissement de fossés, de cratères, etc.


    (77) Sd.Kfz.251-7 Ausf.D - profil couleur






    Je vous ai déniché une photo de pont de bateaux sur laquelle ces passerelles sont utilisées pour constituer un "piste piétonne" pour l'équipe de Pionniers en charge du pont. La largeur du pont provisoire étant manifestement limitée, le personnel peut circuler sur les côtés et surveiller la manoeuvre sans gèner la circulation des véhicules.

    (70).SdKfz 251 Ausf.A-B



    Le Sd.kfz.251/7 sera produit d'abord en Ausführung C, à partir de 1941 puis en Ausführung D en 1943.


    Ci-dessous, un Sd.Kfz.251/7 Ausf.C tôtif avec caisse rivetée ( en 1941, certaines usines de production ne maitrisaient pas encore la technique de soudure des aciers de blindage).


    (80) Sd.Kfz.251-7 ausf.C




    Cette photo me permet de rebondir sur ce qui n'était, au départ , qu'une adaptation "terrain" et qui se retrouvera fréquemment dans les unités de Pionniers. Astucieusement, l'espace situé entre les supports de passerelles, avec l'adjonction de quelques planches, devint un excellent compartiment de stockage supplémentaire.En l'absence des passerelles métalliques, ces supports pouvaient être également utilisés pour y stocker des madriers.


    (62) Sd.Kfz.251-7 Ausf.D




    Ceci dit, rien ne vous obligeait, semble-t-il, à stocker quoique ce soit sur lesdits supports, ainsi que le prouve cette jolie photo prise à Budapest... Alors, il n'est pas beau le camo sur le Sd.Kfz.251 du Chef, à droite?


    (79) Sd.Kfz.251-7 Ausf.D - Budapest - 1944






    Tenez, des photos de vacances à l'Est,de Sd.Kfz.251/7 de la Division Wiking...


    Pendant le voyage en train avec leurs véhicules flambant neufs.


    (81) Sd.Kfz.251-7 - Div. Wiking





    Puis pour la séance de bains de boues!..Très toniques mais un peu salissants!


    (82) Sd.Kfz.251-7 - Div. Wiking








    Et pour le fun... ... un Sd.Kfz.251/7 transformé en véhicule radio (251/3 ou 251/6...on verra çà plus tard!)


    (66) Sd.Kfz. 251-7 modifié en 251/6 (ou 251/3) Ausf.C






    Curieusement,, je n'arrive pas à mettre la main sur des photos ou même un profil détaillant l'intérieur d'un 251/7. Même dans les Panzer Tracts de Sir Jentz qui vont bien, l'aménagement intérieur est du type 251/1 d'infanterie motorisée, ce qui semble bizarre car, selon leur plan de chargement, l'affectation de ces véhicules différait. Pourtant nous devrions retrouver une partie des études réalisées en 1939/1940 et citées plus haut.


    Pour les réclamations, veuillez les adresser aux services du Waffenamt qui transmettront!


    Vous voyez, je suis de bonne foi!....

    (83). Sd.Kfz.251 Ausf.D (extrait croquis Panzer Tracts)



    En Novembre 1943, les plannings de production prévoyaient que le seul 251/7 constituerait 20% de la production totale de Sd.Kfz.251 (m.SPW). Les Sd.Kfz.251/7 pouvaient être affectés dans 15 types d'unités différentes et en fonction de celles-ci, le nombre de véhicules de ce type variait de deux ou trois, pour les compagnies de commandement (Stabs-Kie), jusqu'à un effectif de 21 véhicules pour des compagnies de "Pionier" motorisés!...enfin, vingt et un Sd.Kfz.251/7...sur le papier!


    En Janvier 1945, l'Etat-Major décida que la priorité devait être donnée au Sd.kfz.251/1 et aux versions "armées" et qu'en conséquence, la production de la version du Sd.Kfz.251/7 serait dorénavant consacrée à celle du 251/1. Accessoirement, vu l'évolution du conflit à l'époque, je ne suis pas sûr que les activités du génie ne se limitaient pas à la démolition!




    Bon, je ne suis pas sûr de m'être sorti sans dommage de ce pétrin mais je vais pouvoir maintenant me consacrer à la famille "Tape Dur"!...Les versions armées d'appui-feu du Sd.Kfz.251.


    Bonne lecture et à bientôt pour la suite de ces passionnantes aventures!



    [BREAK=(VII) Bienvenue chez la famille "Tape Dur"]


    (VII) Bienvenu chez la famille « Tape Dur »

    Il ne faut pas perdre de vue que le développement des versions « armées » du SPW est directement lié à la durée et à l’évolution du conflit. A l’origine, comme nous venons de le voir, c’était avant tout un véhicule de transport blindé pour les troupes d’assaut qui accompagnaient les chars, une belle innovation en soi ! A l’entrée de la Seconde Guerre Mondiale, les engins motorisés pouvaient se répartir en trois grandes familles simplifiées : Les chars (tout ce qui porte peu ou prou un blindage, une tourelle armée et une paire de chenilles), les automitrailleuses pour la reconnaissance et la découverte, se distinguant, en principe, des premiers par des trains de roues à la place des chenilles…et le reste que nous classerons dans la catégorie « Tracteurs & Camions », sensée remplacer la traction hippomobile.

    Il convient d’insister sur cette dernière catégorie. Prenons la série des tracteurs semi-chenillés teutons, des half-tracks américains ou des véhicules français équivalents et résumons leur fonction…On accroche, à l’arrière, une pièce d’artillerie ou, suivant son encombrement, on la charge sur une plate-forme avec son équipe de servants, puis, arrivé sur le site d’opération, on décroche ou décharge le tout pour en faire usage. La méthode n’est guère éloignée de celle employée durant les guerres napoléoniennes ou même en 1914, sauf que nous avons remplacé le crottin (et encore pas toujours !) par les vapeurs d’essence brulée. Un exemple révélateur chez les Teutons, le Sd.kfz.10/4, le petit tracteur de 1 tonne sur lequel était chargé le monotube de 2cm Flak 30. Initialement, un dispositif de poulies et des rampes de chargement étaient prévus pour la manœuvre de la pièce et ce n’est que beaucoup plus tard que la pièce d’artillerie sera installée à demeure sur la plate-forme (le fameux débat entre le Sd.Kfz.10/4 et le soi-disant 10/5 ). Encore un autre exemple, le Bison I, qui n’était qu’un bête châssis de Panzer I sur lequel on chargeait un obusier de 15 cm sIG 33 en ordre de marche. Les traditions ont la dent dure !

    Chronologiquement, la première version « armée » autrement qu’avec les deux MG 34 initiales, sera celle du Sd.Kfz.251 équipé du canon de 3,7 cm et baptisé bien plus tard 251/10. Cette version fera son apparition durant la Campagne de France en 1940. Un véhicule d’appui-feu de ce type aurait été réglementairement attribué à chaque chef de Peloton (Führerzug) équipé de MTW ou SPW. Comme je vais essayer de ne pas trop me disperser, nous détaillerons la bestiole quand son numéro d’ordre sera convoqué à l’appel !...J’évoque des véhicules allemands et la discipline germanique est réputée, donc, il n’y a pas de raison de d’entamer un « foutoir à la française » !...Non mais !

    Hormis cette version que je soupçonne fortement d’avoir été entérinée à partir d’un « brillant » bidouillage régimentaire - suffit de voir les nombreuses photos de Krupp Protze et de Horsch ayant embarqué le Pak de 3,7 cm en guise de passager pour comprendre que cela répondait à un réel besoin -, c’est le calme plat pratiquement jusqu’en 1942 ! Cela correspond aussi aux faibles cadences de production du SPW ; selon Albert Speer, la production pour 1940 était de 348 unités, 1941, 947 mais d’autres sources indiquent, 424 (!), et pour 1942, là, çà commence à devenir plus sérieux, de l’ordre de 1200 SPW fabriqués.

    Le 13 Août 1942, le Geladepläne D660/7, littéralement « plan de chargement », définit les différentes versions du Sd.Kfz.251 Ausf.A/B/C (cf. page 8 de mon topo dans cette même rubrique). Il convient de préciser qu’à cette date, ledit document indique des versions qui n’apparaitront que début 1943, comme le célèbre 251/9, armé du 7.5 cm court, au départ récupéré sur des Stug III et des Panzer IV…j’y reviendrai !

    Jusque dans le courant du second semestre 1942, seules, 9 versions existeront matériellement et, pour certaines, comme la version 251/3, la fonction était différente de celle attribuée ultérieurement. En employant les dénominations définies en Aout 1942 et en se référant au document K.St.N 1114 (gp) du 1er Novembre 1941 qui détaille les attributions de véhicules aux différentes compagnies constituant un régiment blindé de fusiliers (gepanzerte Schützen Regiment), les versions répertoriées, au tout début de 1942, sont :

    Sd.Kfz.251/1 – le transport de fusiliers
    Sd.Kfz.251/2 - Le véhicule porte-mortier
    Sd.Kfz.251/3 – Le tracteur d’artillerie
    Sd.Kfz.251/4 – Le transport de munitions
    Sd.Kfz.251/5 – Le véhicule de pionniers.
    Sd.Kfz.251/6 – Le véhicule de commandement et de liaison.
    Sd.Kfz.251/7 – Le véhicule de pionniers (deuxième version)
    Sd.Kfz.251/8 – L’ambulance
    Sd.Kfz.251/10 – Le porte-canon de 3,7 cm Pak.

    En principe, deux porte-mortiers Sd.Kfz.251/2 par compagnie.

    Un p’tit cachet pour les maux de tête ?
    Mais nous savons tous que si c’était simple, çà n’intéresserait que peu de monde.

    Sd.Kfz.251/2 - für leichte und schwere Granatwerfer
    "Mittlere Schützenpanzerwagen (Gr.W.)"

    Conçu, apparemment courant 1941, le Sd.Kfz.251/2 était armé d’un mortier qui pouvait à loisir être utilisé depuis l’habitacle du véhicule ou déchargé et servi sur le terrain…Tenez, qu’est-ce que je vous disais en préambule !

    Mais d’abord, à quoi sert un mortier ?

    Lorsque les premiers canons firent leur apparition, les jours des châteaux-forts étaient comptés. Ce n’est pas pour autant que les ingénieurs militaires (si, si, çà existe!) restèrent assis sur leur derrière, en gémissant « Ah, c’était le bon temps ! ». Très vite, ils conçurent de nouveaux types de fortifications et nous en avons un bel exemple, bien de chez nous, avec Vauban et sa ribambelle de forts et bastions. Du coup, les boulets généralement pleins de ces beaux canons allaient se fracasser la tronche sur des glacis pentus tandis que, bien à l’abri derrières ses « fortifs », le copain d’en face jouait aux cartes en attendant la colonne libératrice ! Cà ne pouvait plus durer et c’est là qu’intervient le mortier. Le mortier balance, sous un angle de l’ordre de 45°, un pélot plein ou une bombe. En principe çà ne tirait pas très loin mais cette trajectoire parabolique permettait de « foutre le boxon » dans des zones protégées des tirs directs ou semi-directes. Le temps passe, les conflits se succèdent, puis dans la seconde moitié du XIXème siècle, les nouvelles pièces à canon rayé et chargement par la culasse font merveille et les vilains crapeaux que sont les mortiers terminent leur carrière comme tas de rouille dans la cour des forts et des casernes.

    Arrive l’année 1914…après avoir tous jurés qu’en trois semaines c’était emballé, les belligérants se mirent aimablement sur la tronche, en rase-campagne, à grands coups de mitrailleuses et de canons. Résultat : un carnage sans nom et comme le front stagnait désespérément, tout le monde s’enterra, de part et d’autre, à grandes pelletées hâtives, de la Mer du Nord aux Vosges ! Oui, mais il y avait un problème, les projectiles de nos superbes armes à tir tendus passaient au-dessus des tranchées, notamment ceux de notre fier 75, emblème de l’artillerie française! Du coup, brièvement, les jeux de cartes refirent leur apparition et seuls, les sifflements et vrombissements des balles et des obus dérangeaient les joueurs ! Cà ne pouvait plus durer ! On ressortit donc ces vieilles pétoiresdépassées, en bronze ou en fer, à chargement par la gueule que sont les mortiers pour pouvoir tirer le lapin dans son terrier! C’est ainsi que les vieux mortiers de la Monarchie de Juillet (1830-1848) reprirent du service dans l’armée française entre 1914 et 1915 !

    Vous avez compris, avec le mortier, on peut enquiquiner l’adversaire qui se planque dans une tranchée, un cratère d’obus, ou derrière un obstacle (colline, bosquet, bâtiment, etc.) et, à l’inverse, arroser le copain d’en face en se planquant (peinard) derrière un immeuble ou dans la cour d’un bâtiment. :super:

    Le mortier de 80 mm

    On doit aux Britanniques l’arme de référence des mortiers modernes, le mortier Stokes de 3 inches (76.2 mm), apparu sur les champs de bataille en Mars 1917. Ce n’était qu’un bête tuyau muni d’un bipied et d’une «plaque de couche» qui venait en appui sur le sol pour encaisser le recul du départ de coup. Fonctionnant en chargement par la bouche, la charge propulsive associée au projectile, une espèce de torpille à ailettes, venait elle-même, après avoir effectuée une glissade dans le tube, se déclencher sur un percuteur fixe au fond de l’âme. Bref, du basique, fiable, simple à utiliser et point trop lourd ! :cool:

    Après guerre, le mortier devint une arme réglementaire dans toutes les armées. La firme française Brandt remania la bestiole pour le compte de l’armée française. Si l’aspect général et le principe de fonctionnement restaient inchangés, elle lui fit subir de profondes modifications, améliorant sa portée grâce à des munitions plus performantes, sa mise en place par un nouveau bipied, sa précision par l’adoption de dispositifs de visée de qualité. L’arme – mortier de 81mm Modèle 27/31 - fit flores et bientôt de nombreux pays la produisirent sous licence (Etats-Unis – Chine – Pays-Bas) ou pompèrent honteusement le brevet comme l’URSS et…l’Allemagne !

    (84) Mortier Brandt de 81 mm Modèle 27-31



    Lorsque l’Allemagne entama son réarmement dans les années 30, elle adopta deux modèles de mortier pour les besoins d’appui-feu de son infanterie.

    Le mortier lourd de 8 cm – 8 cm Schwere Granatwerfer 34 (8-cm s.GrW 34)
    Le mortier léger de 5 cm - 5 cm Lecht Granatwerfer 36 (5-cm le.GrW 36)

    Comme on vient de le voir, la société Krupp copia allègrement le modèle français pour réaliser sa version du Mortier de 8 cm (8-cm s.GrW 34).

    (85) 8 cm Schwere Granatwerfer 34





    On ne tarira pas de louange, même chez l’adversaire, sur l’efficacité du mortier de 8 cm teuton, en vantant, qui, sa précision, qui, sa robustesse ou encore le pouvoir de ses munitions. En réalité, le mortier allemand n’était pas meilleur que le modèle Brandt ou son cousin russe mais il faut mettre au crédit de l’armée allemande, une école de formation du service du mortier particulièrement rigoureuse et les mérites en reviennent plus à la compétence des équipes de servants qu’au matériel lui-même. Le fait de copier sur le voisin a un certain avantage, car le mortier de 8 cm allemand acceptait également les munitions françaises ou russes, les performances en portée et précision en étant, cependant, amoindries.

    (86) 8 cm Schwere Granatwerfer 34




    Bizarrement, l’industrie allemande se mit en tête de concevoir un mortier « plus léger » de 5 cm de calibre. Il en résultat une arme, aux réglages compliqués, d’une efficacité toute relative de par sa portée limitée – 500 m ! – et la faible puissance de son projectile. Très rapidement, les Allemands refileront le mortier de 5 cm Lecht Granatwerfer 36 à leurs alliés ou le cantonneront à des rôles de seconde zone (fortifications côtières).

    (87) 5 cm Lecht Granatwerfer 36



    En attendant que le mortier de 5 cm soit « reclassé », ces deux armes furent adaptées pour permettre leur utilisation à partir de l’habitacle du Sd.Kfz.251.Krupp modifia le bipied avant pour que ce dernier puisse venir se caler dans les angles du sous-bassement de l’habitacle.

    Le service du mortier s’effectuait exclusivement vers l’avant du véhicule et, comme pour le lanceur de roquettes (Würfrahmen), le chauffeur contribuait au réglage de la pièce en orientant le semi-chenillé dans la direction de l’objectif. Quand l’arme n’était pas employée, elle se démontait en trois lots, le tube qui venait se loger dans un râtelier fixé sur le flanc intérieur droit de la caisse, entre le dos et l’assise de la banquette, de même pour le bipied, tandis que la « plaque de couche » était, elle-même, rangée sous ladite banquette. Toujours dans la partie droite du compartiment « passagers », un caisson sans couvercle avait été aménagé pour le stockage des « paniers » de munitions.

    (88) Sd.Kfz.251-2 - vue de l'habitacle



    Si les photos de cette version porte-mortier sont plutôt rares, il suffit de regarder celle-ci prise de profil pour en comprendre la raison…Il n’y aurait pas, l’extrémité très discrète du tube du mortier qui affleure et l’absence de la MG 34 frontale, rien ne la distingue d’un bête 251/1 ! A mon avis, sa version pour maquettiste ne risque pas de venir encombrer vos étagères avant longtemps !...Mais je peux me tromper.




    Allez, c'est tout pour aujourd'hui! :langue1: :langue1: ... de votre attention, Chers Lecteurs.

    ...Comment çà, je ne me suis pas trop foulé?





    [BREAK=Sd.kfz.251/17 - Le vrai, des faux.]


    Voilà, voilà, j’arrive !....C’est vous, Mâme Michu ?

    Voui, bonjour M’sieur Menuisier, c’est rapport à ces deux garnements qui tambourinent à vot’ porte ! Cà fait aboyer ma Choupinette !

    Char-pen-tier, pas Menuisier ! Mais ce sont les petits le Tourbeux et Gris !...Un truc urgent ?...Je vois…Allez entrez !...Merci et bonne journée, Mâme Michu !

    Attention, prenez les patins ! Pourquoi je n’ai que sept patins et non huit ? …C’est un cadeau du prof de maths du troisième, c’est allemand, parait-il, et c’est comme çà !

    Bon alors, que puis-je pour vous ?...Vous avez un p’tit copain qui cherche des infos sur le 251/17 ? Je vais voir ce que j’ai en rayon ?...Alors…Ah, voilà !

    Sd.Kfz.251/17 - Mittlerer Schützenpanzerwagen (2cm) (Sd.Kfz.251/17)

    En Janvier 1944, un document récapitulatif décline les différentes versions existantes et prévues, dans un proche avenir, du Sd.kfz.251. C’est la première mention officielle du Sd.kfz.251/17, armé du canon automatique 2 cm Flak 38 (Schwebelafette). Le terme Schwebelafette désigne un affut suspendu. Si on ne voulait pas modifier la caisse du 251, il fallait concevoir un affut qui permettait de manœuvrer l’arme librement au-dessus de l’habitacle. En fait, cet affut était une sorte d’astucieuse balançoire qui permettait au tireur d’effectuer les réglages en élévation et en azimut par de simples mouvements du corps. En gros, une motorisation humaine utilisant les fesses, les genoux et les pieds de l’opérateur. Le tireur était assis sur une selle, solidaire de l’affut suspendu, qui coulissait le long du mat de fixation. (Voir croquis ci-dessous, extrait du Panzer-Tracts N° 15-3 de Jentz –Doyle)



    Le pourvoyeur disposait également d’une selle, opposée symétriquement sur le mât à celle du tireur.

    A la différence de nombreuses versions de 251, envisagées entre 1943 et 1944, qui ne verront jamais le jour, le Sd.Kfz.251/17 sera effectivement produit. La date de production reste inconnue, mais, au 1er Septembre 1944, 84 Sd.Kfz.251/17 étaient déjà inventoriés mais il est probable que des « bidouillages » d’unités y avaient été assimilés. Comme d’habitude les plannings de production de l’époque faisaient preuve d’un optimisme démesuré, et les commandes prévoyaient la livraison de plus de 1200 véhicules de ce type, entre novembre 1944 et décembre 1945 ! En réalité, les 50 premiers 251/17 ne sortiront qu’en novembre 1944, et, au total, près de 160 véhicules seront produits jusqu’en Février 1945.





    La pièce de 2 cm Flak 38 pouvait être utilisée contre des objectifs terrestre ou aérien. Sa cadence de tir était de 420 à 480 coups/mn mais son approvisionnement par chargeur de 20 obus restait identique à celui du 2 cm Flak 30. Un petit bouclier solidaire de l’affut, qui ressemblait à une Schürtze de Panzer III ou IV venait protéger la culasse et le haut du corps du tireur. Quelques Sd.Kfz.251/17 furent utilisés comme véhicules de chef de peloton (Zug) en remplacement des anciens 251/10 armés du canon de 3.7cm Pak 35/36.

    La version 251/17 était handicapée par la relative faiblesse de cadence de tir de l’arme en antiaérien, d’où le développement des Flakvierling constitués de 4 pièces de 2cm Flak 38, et par l’encombrement du canon. Il existe aussi une distinction (A) et (B) selon le type d'affut utilisé, hormis le Schwebelafette, classé B, décrit ci-dessus, il existait également un affut Hängelafette (A) dont, à peu près personne est foutu de pondre un croquis.

    Les 251/17 d'usine sont exclusivement des variantes Ausf.D puisque réalisées en 1944.

    En principe, la version 251/21, armée de la triplette de MG 151/20 était sensée la remplacer.

    Photo d'un Sd.kfz.251/21



    Les faux-amis !

    1. Le plus célèbre : 2 cm Flak 38 auf Schützenpanzerwagen (Sd.kfz.251)

    Début 1942, la Luftwaffe demanda le développement d’un semi-chenillé blindé armé d’une pièce de 2 cm Flak 38 pour équiper la division Herman Goering. Comme l’affut du Flak 38 était similaire à celui adopté pour les véhicules à plate-forme comme le Sd.Kfz.10/4, il y avait un petit problème pour l’orientation de la pièce dans un habitacle clos ! Les flancs de caisse furent modifiés et transformés en plateformes rabattables pour permettre le tir de la pièce par le travers et, accessoirement, de plate-forme de manœuvres pour les pourvoyeurs. :super:





    Cette version fut dénommée officiellement, 2 cm Flak 38 auf Schützenpanzerwagen (Sd.kfz.251). Elle est donc très antérieure (1942) à la version Sd.Kfz.251/17 qui ne sera répertoriée qu’en 1944. Comme elle a fait l’objet d’une belle série de photos, le gros Herman aimant la publicité, elle fut classée, après guerre, pour des raisons de facilité, dans de nombreux ouvrages (ex : Squadron Signal), Sd.Kfz.251/17.

    La production se limita à 12 véhicules, dont deux véhicules de commandement, aux flancs également rabattables, surmontés d’une antenne-cadre mais dépourvus du canon de 2 cm. Cette version était trop coûteuse en aménagements.



    Ces véhicules servirent en Italie et, quelques-uns, en Afrique du Nord (il y a eu un post récent à ce sujet). Ce sont uniquement des châssis Ausf.C modifiés.

    2. Le moins connu : 2 cm Flak 38 auf Selbstfahrlafette Zg.Kw 3t (Sd.Kfz.11)

    Courant 1943, une adaptation fut réalisée sur le châssis du tracteur Sd.Kfz.11 de la classe 3 tonnes. Elle reprenait le principe du Sd.Kfz.10/4 de la classe 1 tonne mais prévoyait une cabine et un compartiment moteur blindé.

    Le Sd.kfz.11 et le 251 utilisaient le même châssis (Hl Kl 6P). Le blindage du compartiment moteur du Sd.Kfz.251 fut repris mais c’est le seul point commun existant. Le reste du blindage avant bénéficia d’un dessin original qui englobait le poste de conduite, la cabine des servants et le râtelier à munitions. La plate-forme de tir à panneau grillagés rabattables était pompée sur celles des Sd.Kfz. 10/4 et 7/1.




    Destinés à remplacer le Sd.Kfz.10/4 (ou 10/5, selon la distinction faite par certains auteurs), les premiers modèles sortirent d’usine en Mars 1944 et un peu plus de 600 véhicules furent produits jusqu’en février 1945.

    Voilà, les enfants !...Je vous sers une grenadine ou de la limonade ?
    En partant, n’oubliez pas les patins !